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PETITE ENFANCE
1897 : création de la première crèche municipale
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La jeune commune de Malakoff va dès 1897 mettre en oeuvre dans une nouvelle institution la prise en charge de l’accueil des très jeunes enfants dont la mère travaille à l’extérieur du foyer. Une première crèche va être ouverte dans une maison en location rue Louis Blanc.

La création des crèches en France fut d’abord précédée dans les années 1825 par l’institution des « salles d’asile » qui ont marqué le début de l’attention à la garde des jeunes enfants par les pouvoirs publics et la bourgoisie.

Quelques années plus tard une circulaire du 15 août 1845 du ministre Duchâtel incitait les Préfets à propager l’institution de crèches pour prendre en charge les enfants encore trop jeunes pour fréquenter les salles d’asile.

Avant les écoles maternelles fondées entre 1881 et 1887, les enfants de 2 à 6 ans étaient en effet accueillis dans des « salles d’asile placées sous la direction d’un comité de dames patronnesses et financées par la charité privée souvent congrégationnistes et par certaines municipalités avant-gardistes.

Par délibération du 6 juin 1896 le Conseil Municipal de Malakoff décide la création d’une crèche qui sera administrée par un Conseil comprenant des membres adhérents et des dames patronnesses qui verseront une cotisation annuelle d’au moins 6 francs.. Elle sera installée au 11 rue Louis Blanc. dans un immeuble de 300 m2 pris à bail par la commune pour une durée de 9, 12, 15 années suivant un acte du 23 décembre 1896 moyennant un loyer annuel de 500 francs

Cette création intervenait peu avant la promulgation du décret du 2 mai 1897 qui prévoyait que les enfants recevraient dans les crèches « les soins hygiéniques et moraux qu’exigeait leur âge.. »

La petite enfance prend de l’importance

L’importance accordée à l’hygiène se situait dans le prolongement de la révolution pastorienne et du développement de la puériculture.

Une crèche selon les instructions ministérielle n’avait pas seulement pour but de protéger la santé des enfants, elle devait commencer à former des caractères, préparer au moyen de jeux et d’exercices à ce qu’ils reçoivent aussi les premiers éléments d’instruction.

Pour Malakoff la crèche de la rue Louis Blanc fréquentée par 23 enfants à ses débuts représentait donc une première mise en œuvre de la protection des enfants du 1er âge alors que tous les services publics étaient à construire pour la jeune commune indépendante de Vanves depuis 1883.

Encore fallait-il sensibiliser la population à cette nouveauté d’accueil des enfants par la puissance publique. Le maire Jules Trousset (1896-1899) fait éditer une affiche pour expliquer les raisons de la création d’une crèche et lancer un appel à la générosité..

« Depuis longtemps dit-il, toutes les mères de famille, que la nécessité du travail quotidien obligent à quitter le logis familial, réclamaient la création d’une crèche dans notre commune. Elles savent bien et tout le monde avec elles, que les soins données aux enfants par les voisines complaisantes par les gardes et même, malheureusement souvent, par des enfants plus âgés, ne peuvent suffire à ces pauvres petits êtres : que toutes les bonnes volontés ne peuvent remplacer ces soins éclairés qui ne devraient naturellement leur être donnés que par leur mère, ou bien alors dans ces crèches, où les soins assidus, la longue expérience qui a présidé à leur organisation , les visites médicales, les contrôles incessant des administrateurs et des dames patronnesses, leurs assurent un bien-être journalier.

Bien-être qui a sa répercussion réelle dans la diminution de la mortalité infantile et sa répercussion morale dans la tranquillité qu’elle donne aux mères forcées d’apporter leur quote-part au budget du ménage et tenues de s’éloigner pendant la journée entière.

Nous avons donc pris à cœur, ces doléances et avec le bienveillant concours de toute la municipalité, nous avons jeté les premières bases de la crèche municipale de Malakoff que nous espérons inaugurer pour le 1er janvier 1997.

Mais pour mener à bien notre œuvre, nous avons besoin du concours de toutes les bonnes volontés. Aussi, faisons-nous un chaleureux appel aux habitants de Malakoff en leur demandant de venir se joindre à nous, sans distinction d’opinions politiques ou de religion ; il s’agit de bienfaisance, il s’agit des enfants, et sur ces questions du moins, nous devons tous marcher la main dans la main.

C’est pourquoi, mes chers concitoyens, nous allons faire passer à domicile des listes de souscription, certain d’avance que vous voudrez tous coopérer à la fondation de notre œuvre, nous vous disons du fond du cœur merci pour les enfants que vous allez secourir, merci pour les familles nécessiteuses auxquelles nous allons venir en aide... »

Pour l’année 1899 la présence d’enfants à la nouvelle crèche représentait déjà 3218 journées.

La crèche exclusivement tenues par des femmes était ouverte de 9 heures du matin en été et de 7 heures en hiver jusqu’à 8 heures du soir. Tous les enfants pouvaient y être admis, pourvu que la mère travaille hors de son domicile, que l’enfant ait au moins 15 jours s’il est élevé au sein et six semaines s’il est allaité au biberon. L’enfant devait être vacciné et n’avoir pas plus de deux ans. La mère devait faire connaître l’endroit où elle travaillait, afin qu’on puisse la trouver à toute heure en cas de besoin. Une rétribution de 0,20 francs par jour était demandée aux familles...

L’immeuble pris en location par la commune rue Louis Blanc pour la crèche deviendra très vite insuffisant face à une demande des familles de plus en plus pressante. La décision de construire une crèche municipale va s’imposer au Conseil Municipal. Un projet de déplacement de la crèche sera proposé au Conseil d’hygiène publique du département de la Seine en 1901 qui sera accepté

Sources : Etat des communes (Conseil Général 1901), Archives Municipales cote3M1, Institut Français de l’éducation (IFé)


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