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En ce premier quart du 21ème siècle à Malakoff, des rues et des espaces publics changent doucement de visage et apprennent à prononcer des noms jamais portés, des noms et prénoms de femmes relégués aux marges des plaques de rue. Cette large féminisation depuis les années 2000 intègre la toponymie, l’iconographie, la représentation symbolique..
Dans les écoles les enfants découvrent que les héroïnes existent aussi dans la cour de récréation, dans les rues qu’ils traversent, dans leurs lieux de loisirs. Ils apprennent que l’histoire ne se conjugue pas seulement au masculin, que les combats, les idées, les créations ont aussi des voix de femmes dans les espaces publics de la ville.
Sur certains murs des artistes de street art parlent des femmes par des visages, des gestes, des mots. Ces fresques aux couleurs vives ne décorent pas seulement, elles racontent, revendiquent, inscrivent les femmes dans le paysage visuel de la ville. Devant les écoles, les équipements publics, les salles municipales de nouvelles plaques ont été posées. On s’habitue à dire ces noms à voix haute, à les intégrer dans les trajets « je passe par la rue …, on se retrouve devant la maison..., je descend à l’arrêt.. » La langue change et la ville avec elle. La féminisation de l’espace public n’est pas un geste symbolique. C’est une manière de dire que la ville appartient à toutes et à tous, que les femmes y ont leur place, leur mémoire, leur visibilité. Peu à peu, la ville se transforme. Les plaques deviennent des repères, des invitations à se souvenir, à découvrir, à comprendre. Les habitantes devraient se sentir plus présentes, moins effacées, moins invisibles. Les habitantes ou personnalités d’hier reviennent à la lumière, celles d’aujourd’hui peuvent se reconnaître dans les rues et celles de demain trouveront peut-être des modèles. Une autre cartographie La féminisation de l’espace public à Malakoff c’est en fait un geste simple de femmes mais aussi d’hommes. Un geste d’élus et de citoyens-es, puissant, qui dit : « nous nous voyons, nous nous souvenons, nous nous nommons, nous nous inscrivons dans la ville ». Les noms des femmes dans l’espace public ne devraient plus être des exceptions, car la ville et ses habitants-es veulent porter la mémoire de toutes celles qui ont fait vivre la solidarité, la créativité, l’engagement, le dépassement de soi, l’égalité femmes-hommes...
Et Malakoff revient de loin. Avant 2010 les femmes étaient six fois moins représentées que les hommes dans les noms de rues à Malakoff. Ce chiffre comprenait même les anciennes voies portant le simple prénom féminin des anciens propriétaires des terrains qui utilisaient le nom de leur épouse, fille ou maîtresse pour les baptiser. Ce qui montre l’ampleur du déséquilibre. Aujourd’hui 40 lieux portent le nom de femmes qui ont marqué l’histoire locale, nationale ou internationale. Cette féminisation de l’espace public est principalement le fruit d’une politique municipale et des associations féministes menée en faveur des droits des femmes. Aujourd’hui lorsqu’un bâtiment public, un habitat collectif, un espace vert, une rue... est créé il est systématiquement proposé de lui donner le nom d’une femme. La commission municipale de féminisation, composée d’élus, de représentants-es d’associations et d’agents municipaux est chargée d’identifier des femmes dont les parcours, les combats ou les valeurs méritent d’être rappelés à la mémoire collective. Mais aussi des lieux ayant fait l’objet d’une réhabilitation d’ampleur. La commission propose ainsi une liste de femmes soumise au vote des habitants et des usagers. Force est de constater qu’il existe depuis les années 2000 une vraie dynamique pour une plus grande mixité dans l’espace public de Malakoff, une belle œuvre citoyenne de construction d’une culture partagée autour de l’égalité femmes-hommes. Cela va-t-il durer, on est loin de la parité dans ce domaine, sauf si on ose aussi renommer d’un nom de femme un certain nombre de voies et équipements publics malgré les difficultés administratives.
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