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Le jardin intérieur de la mairie de Malakoff est un lieu assez unique dans la ville : un patio végétalisé où se mêlent bambous et sculptures animalières en métal. C’est un espace à la fois artistique, calme et un peu secret, accessible par le hall de l’Hôtel de Ville. Il est devenu au fil du temps l’un des espaces les plus singuliers du patrimoine végétal de la commune. Pour les habitants qui le découvrent, souvent par hasard, il provoque un étonnement immédiat : comment un tel espace peut-il exister au cœur d’un bâtiment public ? Ce jardin de l’Hôtel de Ville invisible depuis la rue, est conçu comme un petit écrin de verdure au milieu des bâtiments administratifs. On y trouve principalement des bambous, qui créent une ambiance intime et légèrement exotique. Leur feuillage dense forme un décor naturel qui contraste avec l’architecture des deux bâtiments de la mairie reliés par une passerelle qui surplombe le jardin. Au milieu des feuillages un bestiaire de métal veille depuis plus de vingt cinq ans et observe en silence les allées et venues des visiteurs.
Ce patio fonctionne comme un poumon visuel, un espace de respiration pour les agents municipaux, les élus et les visiteurs. Ce lieu insolite n’a rien d’un jardin public. On ne s’y promène pas. On le découvre par surprise, comme une respiration inattendue dans un bâtiment administratif. C’est un espace pensé pour être vu, pas traversé : un décor vivant, un interstice de nature qui adoucit la rigueur des bureaux. Un bestiaire improbable en métal Mais ce jardin ne serait pas ce qu’il est sans les sculptures qui l’habitent. Depuis juillet 2000, un bestiaire métallique signé du sculpteur Antoine Rohal occupe le patio. Coqs, chouettes, faucons, crapauds, faisan, et même une sirène : une petite ménagerie improbable, figée mais expressive, qui semble observer les passants. Ce bestiaire donne au lieu une atmosphère à la fois poétique, fantaisiste et un peu mystérieuse. Ces œuvres ne sont pas de simples ornements. Elles portent la marque d’un artiste au parcours singulier. Né en Hongrie, formé à Dresde puis dans l’atelier d’Antoine Bourdelle, Rohal a traversé le XXᵉ siècle en mêlant tradition et modernité. Engagé dans la Résistance, il est devenu l’un des sculpteurs majeurs des monuments commémoratifs d’après-guerre, avant de se tourner, dans les années 1960, vers une technique personnelle : le métal soudé, travaillé au chalumeau, qui donne à ses animaux une texture vibrante, presque vivante. Ce jardin n’est donc pas un simple espace vert. C’est un symbole qui montre qu’on peut faire cohabiter nature et culture, mémoire et quotidien, institution et imagination. La première fois que l’on voit le jardin intérieur de la mairie de Malakoff, on ne l’oublie pas. Parce qu’il n’est pas là pour être vu. Et c’est précisément pour cela qu’il marque.
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