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Dans une ville dense comme Malakoff, certains lieux passent presque inaperçus, tant ils semblent modestes. Le square Fabienne Chauvière (ex square du Tir) fait partie de ces espaces discrets qui, pourtant, concentrent une richesse insoupçonnée. Situé à l’extrémité nord de la ville, ce petit square est bien plus qu’un simple coin de verdure, c’est un fragment d’histoire, a quelques mètres de l’emplacement où se trouvait la fameuse tour Malakoff aujourd’hui disparue. Le square est un équipement public de 1 500 m² qui sert avant tout de lieu de détente et de respiration pour les riverains d’un quartier très bâti. On ne tombe pas sur le square Fabienne Chauvière par hasard. Il faut presque le mériter. La rue Ernest Renan s’efface, et soudain apparaît ce passage étroit, comme une couture oubliée entre deux pans de ville. On y entre un peu comme on franchit le seuil d’un souvenir, sans bruit, sans cérémonie, mais avec la sensation immédiate d’avoir quitté le présent.
Ce secteur de la commune rappelle que Malakoff n’est pas seulement une ville moderne, c’est aussi un territoire où subsistent des traces du passé, parfois minuscules, mais toujours précieuses. Le passage ne cherche pas à attirer l’attention. Il se contente d’être là, depuis longtemps, comme un fil tendu entre le Malakoff d’hier et celui d’aujourd’hui qui se révèle au bout par un espace vert improbable. Rien de spectaculaire : quelques arbres, des bancs, un peu d’herbe. Mais dans ce quartier dense, ce square est une respiration. Un lieu de mémoire à retrouver Le square Fabienne Chauvière raconte des fragments de mémoire, qui disent que Malakoff n’est pas une ville née d’un plan, mais d’une accumulation de vieux chemins, de choix, de hasards. Ils disent que le passé n’est jamais très loin, qu’il suffit parfois de tourner dans une impasse pour le retrouver. Et ces passages Malakoff n’en manque pas. Ce square est en fait le vestige unique du parc qui entourait la tour Malakoff au milieu du premier parc de loisirs créé à Malakoff au milieu du XIXᵉ siècle par Alexandre Chauvelot, personnage central dans la naissance de la ville. Ce parc, aujourd’hui disparu, a pourtant laissé quelques empreintes dans le paysage urbain et dans la mémoire locale. Le secteur autour du square correspond au lotissement de la Nouvelle-Californie, tracé au XIXᵉ siècle sur d’anciennes carrières . C’est dans ce périmètre que s’élevait la tour, aujourd’hui remplacée par un immeuble résidentiel bien visible depuis le square.. Même si la structure a disparu, son empreinte demeure dans la toponymie (rue de la Tour) et dans la mémoire urbaine. La position du square, au croisement de la rue Gambetta et du Sentier du Tir, en fait un point de passage naturel pour les riverains.. Le square sert de sas entre l’animation de la ville et l’atmosphère plus intime du sentier. Cette insertion au milieu des maisons créée un sentiment de proximité : le square fait partie du quotidien, presque comme une cour commune ouverte à tous.
Le square Fabienne Chauvière n’a rien d’un lieu spectaculaire. Quelques arbres, un banc, un souffle de verdure posé entre deux rues et un passage piétonnier qui relie plusieurs rues anciennes.Et cette proximité change tout : le square n’est pas seulement un espace de repos, c’est un seuil. Une frontière ténue entre ce qui est visible et ce qui ne l’est plus. Le square offre un espace de pause avant de replonger dans la ville, un point d’ancrage pour les familles, les promeneurs et les usagers du quartier. Il accueille les pas pressés, les poussettes, les conversations qui s’attardent. Mais le square Fabienne Chauvière présente aussi un intérêt qui dépasse largement sa petite taille : il concentre histoire locale, identité urbaine et usages sociaux parce qu’il combine au 21ème siècle une fonction écologique et sociale dans un quartier dense, une valeur patrimoniale, une dimension citoyenne, renforcée par les démarches participatives, un rôle urbain en tant que maillon du réseau d’espaces publics de Malakoff.
Sa fonction actuelle s’est même renforcée ces dernières années. Depuis 2024, le square bénéficie d’un projet lauréat du budget participatif : « la promenade des senteurs », portée par un collectif d’habitants. Ce projet vise à créer un parcours floral composé de plantes aromatiques (menthe, thym, basilic, capucines, estragon, pimprenelle…), transformant une partie du square en un espace sensoriel et pédagogique. Ces votes citoyens ont transformé un simple lieu de passage en un espace de débat, de mémoire et d’appropriation collective et renforcent le rôle actuel du square longtemps délaissé : un lieu qui devient de plus en plus vivant, approprié par les habitants, qui évolue désormais avec les besoins du quartier. Au fond du square par exemple, se trouve un petit espace discret où les habitants ont installé un composteur de quartier. Sa présence n’est pas anodine : elle s’inscrit dans une dynamique locale où la nature, la participation citoyenne et la réduction des déchets se rencontrent dans un lieu chargé d’histoire. En fait, un square en pleine mutation. |