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LIEU DE PASSAGE, LIEU DE SERMENT
Le square de la Résistance
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Entre les grilles côté rue Raymond Fassin et la façade vitrée de l’annexe de l’Hôtel de Ville le square de la Résistance n’a pas la largueur d’un parc, ni l’ampleur de la place du 11 novembre 1918 toute proche. Mais dans cet espace mince de quelques centaines de mètres carrés la ville a voulu qu’ici la mémoire combattante se concentre et ne pas être seulement un lieu de passage, ni un seuil vers des bâtiments administratifs. Le square qui borde l’annexe de l’Hôtel de Ville occupe aujourd’hui une partie du site qui abritait la « remise des pompes » de la Compagnie des Sapeurs Pompiers au début du xxème siècle.

Son nom dit l’essentiel « square de la Résistance ». Il a transformé cet espace resseré du centre ville en un lieu porteur où la mémoire devient visible, comme un rappel que des femmes et des hommes ont refusé l’inaceptable sous l’occupation nazi et la collaboration.

Le square de la Résistance inauguré en 1985 est un petit carré de verdure entre deux rues qui se croisent. Il donne accès aux bureaux de l’enfance de la mairie, où l’on parle d’inscription, de crèche, de colonie de vacances , de soutien, de protection, de droits...

On entre dans le square directement par cette rue au nom du Résistant Raymond Fassin, ancien instituteur au collège Paul Bert, et collaborateur de Jean Moulin sans penser que c’est un lieu que la ville a voulu gardien discret d’un courage ancien et d’une République vivante.

Rien d’extraordinaire dans ce micro-espace vert qu’on traverse plus qu’on regarde. Il ne possède que deux bancs. Mais en passant sous l’imposant platane face à l’entrée, on ressent cet esprit mémoriel. Ce rappel est bien marqué par la discrète stèle au drapeau qui ancre la mémoire dans cet espace public.

Cette œuvre en granit représente un lien symbolique entre la mémoire des Résistants-es, les valeurs républicaines qu’ils ont défendues et la vie civique contemporaine exercées dans l’annexe de l’Hôtel de Ville. Cette stèle dit aux passants « ce lieu est libre parce qu’ils ont tenu ». Et les bureaux administratifs, les démarches, les papiers du quotidien qu’on vient faire prennent soudain un autre poids comme un serment ancien. Le drapeau permanent qui surmonte la stèle veille sur les vivants, sur les absents, sur les valeurs que d’autres ont défendu dans les nuits sombres.

Le square est dominé par trois grands platanes. Leurs silhouettes imposantes s’imposent immédiatement et donnent au square une impression de profondeur verticale, même si le jardin est petit. Leurs larges couronnes et leurs feuilles créent une ambiance protectrice comme un refuge. Leurs formes, leurs hauteurs et leurs ramures composent une sorte d’architecture qui marque fortement ce square contraint. Avec ces grands arbres le square change avec les saisons : ombre dense en été, pluie de feuilles en automne, dentelle de branches en hiver.

La touche de vert de la pelouse apporte une douceur visuelle. La cabane à insectes placée en son centre joue bien son rôle dans la biodiversité et l’équilibre écologique en milieu fortement urbanisé. Quelques arbres et arbustes d’ornement à la floraison éclatante au printemps comme les magnolias égayent l’ensemble de ce petit square, renforcent l’équilibre esthétique du lieu et mettent en valeur le bâtiment institutionnel construit en 1994. L’endroit dégage une impression de calme organisé.

On peut regretter l’installation malvenue de supports d’attaches à vélos placés juste devant la stèle mémorielle et le drapeau. Un autre emplacement est à privilégier !


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