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UN LIEU DU QUOTIDIEN
Le square Eugène Christophe
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Le square Eugène Christophe est un espace vert de 900 m2 situé sur la face nord du boulevard Charles de Gaulle. C’est un jardin ouvert, de proximité, inséré dans le tissu urbain très dense du quartier. Il offre un aménagement végétal simple et fonctionnel avec des massifs arbustifs et une pelouse de bambous. La végétation basse est typique des zones de transition. On découvre un écosystème discret mais étonnement riche, ou la mémoire du champion cycliste Eugène Christophe se mêle à la vitalité de la nature urbaine.

Ce modeste coin de nature est intégré au réseau de squares qui longe la coulée verte. Il s’inscrit donc dans le corridor vert qui relie Paris à Massy et en partage les continuités végétales. Même s’il est modeste et discret ce square a une atmophère très reconnaissable marqué par quelques sons dominants qui proviennent de la circulation modérée du boulevard Charles de Gaulle et du passage régulier du TGV qui influencent fortement son ambiance. Le square connait ces bruits qui font partie du lieu traversé par ces rythmes sonores et ses différents utilisateurs.

Ici le mouvement l’emporte sur la pause. Ce n’est pas un jardin où l’on s’installe, il continue depuis sa création d’être ce qu’il a toujours été, un lieu de passage. On comprend vite que ce lieu vert n’est pas fait pour s’attarder, mais pour le traverser, à son rythme et selon ses besoins. En fait c’est un lieu du quotidien. Il est traversé par des flux constants. La station de métro Malakoff-Plateau de Vanves imprime son rythme au square à chaque sortie de rame. Les enfants et leurs parents eux vont s’installer dans l’enclos des jeux pour les tout-petits. Quant aux joggeurs, ils y passent sans ralentir., Les passants se dirigent vers le boulevard Gabriel Péri absorbés par leur trajet. Les familles se rendent à la salle Léo Ferré juste à côté. Les nombreux cyclistes le coupent en diagonale. Le square est le lieu où la vie passe.

Derrière la simplicité de l’endroit se cache une histoire qui dépasse largement les frontières de Malakoff, une histoire de courage, de poussière, de routes interminables et celle d’un homme Eugène Christophe qui après avoir marqué la légende du cyclisme a continué à vivre à quelques 200 mètres du square actuel et a travailler à Malakoff comme coursier de la Mairie. Il a sillonné les rues durant des années avec la même constance que sur les routes du pays tout en transmettant sa passion du vélo au sein de l’USMM. Il y a donc dans ce petit square que l’on traverse sans y penser une mémoire qui ne dit pas son nom : un héros local qui a roulé sur les routes de France et qui a porté le premier maillot jaune du Tour de France en 1919 à l’étape Grenoble-Genève.

Dans le flux des vies pressées

Sur l’extrémité du mur bas face au boulevard une plaque souvenir en métal condense en quelques lignes une part de l’histoire d’Eugène Christophe éxécutée par le ferronnier d’art Bernard Collin. Ainsi, la plaque veille comme un phare minuscule dans le flux des vies pressées. Dans ce lieu de passage on peu imaginer le champion rouler sur son vélo. Y-a-t-on pensé quand on a donné le nom d’Eugène Christophe à cet espace vert ? Il y a en effet une sorte de cohérence à ce que ce nom soit associé à un lieu traversé, un lieu où l’on passe, un lieu où l’on avance . Eugène Christophe incarne en effet cette idée de continuité, de persévérence, de mouvement. Ainsi le passage vert devient une forme d’hommage qui traverse les générations.

Le square devient notamment un nœud discret dans la cartographie cyclable de Malakoff comme si le mouvement perpétuel des vélos prolongeait son histoire, comme si chaque passage était un salut discret au champion.

Peu de passants le savent, mais le square a failli ne jamais voir le jour. Dans les années 60 les plans d’aménagement de la Région Parisienne prévoyaient que l’autoroute A10 traversait Malakoff en longeant les voies férrées jusqu’à la gare Montparnasse. Le tracé projeté passait exactement à l’emplacement où se trouve le square. Ce projet d’axe pénétrant aurait saccagé une partie de Malakoff et occasionné des pollutions sonores et atmosphériques énormes. Finalement le projet a été abandonné grâce à l’opposition des populations, des associations et des villes concernées. Le projet associatif de coulée verte du sud parisien finalement adopté par les Pouvoirs Publics a permis à la ville de Malakoff d’imaginer dans les années 1980 un espace vert, modeste mais précieux d’abord appelé square de la coulée verte en 1992 et qui prendra le nom d’Eugène Christophe en 2003.


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