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Eugène Avaulée, déporté au camp de Buchenwald
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Lorsque le Parti communiste est interdit en 1939, Eugène Avaulée est déchu de son mandat de conseiller municipal le 29 février 1940. Mobilisé, fait prisonnier puis rapatrié pour blessure, il reprend rapidement ses activités militantes. Arrêté en 1941 il est transféré au camp de Voves d’où il s’évade. De nouveau arrêté en 1944, il est déporté au camp de Buchenwald ou il meurt.

Né le 2 mai 1906 à Baudreville, dans la Manche, Eugène Prosper Avaulée grandit dans un milieu modeste. Arrivé à Paris comme ouvrier menuisier, il s’installe à Malakoff au début des années 1930, dans les logements HBM de la rue Hoche.

Militant communiste depuis 1930, il s’implique dans la vie locale et est élu conseiller municipal le 12 mai 1935, sur la liste de Léon Piginnier. Sa femme, Georgette Bourdon, travaille alors comme ouvrière chez Triomph ; le couple a une fille née en 1930.

Le 11 février 1941, il est arrêté par la police française, porteur de tracts communistes. Condamné à huit mois de prison, il passe par La Santé puis Fresnes. À sa sortie, il est interné administrativement à Châteaubriant en août 1941, puis transféré au camp de Voves en mai 1942.

À Voves, il devient chef des travaux du camp et participe à l’organisation clandestine. Le 6 mai 1944, il fait partie des 42 évadés du célèbre tunnel creusé sous les barbelés — l’une des plus grandes évasions collectives de la France occupée.

Après son évasion, Avaulée reprend immédiatement le combat dans le réseau Mithridate, sous le nom de guerre Louis Granger.

Le 4 juillet 1944, il est arrêté porte de Saint-Ouen par la Gestapo lors d’une distribution de tracts. Incarcéré à Fresnes, il est intégré au convoi I.264 du 15 août 1944, l’un des derniers convois de déportés quittant Paris avant la Libération.

Arrivé à Buchenwald le 20 août 1944, matricule 77 945, il est rapidement transféré vers les kommandos de travail forcé de Dora puis Ellrich, parmi les plus meurtriers du système concentrationnaire.

Épuisé par les travaux forcés, la faim et les mauvais traitements, il meurt le 19 novembre 1944.

À Malakoff, son nom a été donné à une rue, et une cellule du Parti communiste a longtemps porté son nom.

En 2021, un Stolperstein (pavé de mémoire) a été posé devant le 14 rue Hoche, à l’endroit même où il vivait, aux côtés de celui de Louis Girard. Ces pavés rappellent aujourd’hui le destin d’hommes ordinaires devenus résistants, dont la vie fut brisée par la déportation.

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Photo : Musée de la Résistance


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