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Jean Malterre, déporté aux camps Buchenwald et Lublin-Majdanek
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Au printemps 1943, la France vit sous l’étau de l’Occupation. Le STO (Service du travail obligatoire) pousse de nombreux jeunes à fuir. D’autres, comme Jean Malterre, veulent rejoindre les forces françaises libres. À 18 ans, il prend une décision radicale : passer en Espagne, puis gagner l’Afrique du Nord, où les forces gaullistes recrutent. Il sera arrêté alors qu’il tente de passer la frontière. Il sera déporté au camp de Buchenwald, puis transféré camp de Lublin-Majdanek, en Pologne occupée. Il meurt fusillé. Il avait 19 ans.

Né le 13 octobre 1924, Jean Malterre grandit dans une famille ouvrière de Malakoff. Il suit une formation de monteur TSF, un métier technique lié à la radio, domaine en plein essor dans les années 1930. Cette compétence, rare chez les jeunes de son âge, le place au cœur d’un univers où circulent informations, messages codés, voix lointaines, un monde qui nourrit sans doute son désir d’ailleurs et de liberté.

Il prend une décision radicale, passer en Espagne, puis gagner l’Afrique du Nord, où les forces gaullistes recrutent Ce choix n’est pas anodin. Les filières vers l’Espagne sont dangereuses, surveillées, souvent infiltrées. Les arrestations y sont fréquentes. Jean agit seul, sans réseau structuré, sans protection. C’est un engagement personnel, intime, qui témoigne d’une maturité et d’un courage rares.

Le 11 juin 1943, alors qu’il tente de franchir la frontière espagnole, Jean Malterre est arrêté. Il est d’abord incarcéré à la prison de Bayonne, où sont regroupés de nombreux candidats à l’évasion vers l’Espagne. Quelques semaines plus tard, il est transféré au fort du Hâ, à Bordeaux, prison tristement célèbre pour ses conditions de détention et pour les nombreux résistants qui y transitent.

Les archives montrent qu’il y reste plusieurs mois, avant d’être envoyé au camp de Compiègne-Royallieu, principal lieu de rassemblement des déportés politiques en partance pour l’Allemagne.

Le 17 septembre 1943, Jean Malterre est déporté dans un convoi à destination du camp de Buchenwald, près de Weimar. Il y reçoit le matricule 21.608 et est affecté au block 17, réservé en grande partie aux détenus politiques français.

Le 15 janvier 1944, Jean fait partie d’un groupe de détenus transférés vers le camp de Lublin-Majdanek, en Pologne occupée,. Ce transfert est, pour beaucoup, une condamnation à mort. Majdanek est alors l’un des camps les plus meurtriers du système nazi, combinant camp de concentration et centre d’extermination.

Les archives indiquent que Jean Malterre est fusillé le 28 février 1944, à peine six semaines après son arrivée. Il avait 19 ans.

À la Libération, son nom est inscrit parmi les Malakoffiots morts en déportation. Cependant, le 12 octobre 1949, la Commission nationale de la Résistance intérieure refuse de l’homologuer comme résistant, au motif qu’il agissait isolément et n’appartenait à aucun réseau.

Cette décision administrative, aujourd’hui contestée par plusieurs historiens, ne remet pas en cause la nature profondément résistante de son geste : tenter de rejoindre la France libre, au péril de sa vie, était un acte de résistance, même solitaire.

À Malakoff, son nom figure sur la plaque du 12 rue de la Vallée et sur les listes municipales des déportés.

Son histoire rappelle que la Résistance ne fut pas seulement le fait de groupes organisés, mais aussi d’individus anonymes, souvent très jeunes, dont le courage n’a été reconnu que tardivement, ou pas du tout. Son geste, solitaire mais déterminé, montre que la résistance peut naître d’une conviction intime, d’un refus instinctif de l’injustice. Il rappelle que la liberté n’est jamais acquise, et que la mémoire des plus jeunes victimes de la barbarie doit être préservée avec exigence.


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