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Alfred Mariette, déporté au camp de Natzweiler-Struthof
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À Malakoff, au 87 avenue Pierre-Larousse, une plaque commémorative rappelle qu’Alfred Mariette, ouvrier métallurgiste et militant communiste, fut arrêté, déporté et assassiné dans le système concentrationnaire nazi. Mais derrière cette plaque se cache une histoire d’une précision glaçante, reconstituée grâce aux archives de la police, aux dossiers de la BS2, aux registres du camp de Natzweiler-Struthof et aux témoignages indirects de ses camarades.

Né le 29 juillet 1904 à Rosny-sous-Bois, Alfred Mariette exerce le métier de métallurgiste, un secteur fortement syndiqué, où le PCF et la CGT jouent un rôle structurant. Il adhère au Parti communiste en 1935, à une époque où le Front populaire galvanise les espoirs ouvriers. Il habite au 87 rue Pierre Larousse à Malakoff.

Lorsque le PCF est interdit en septembre 1939, puis lorsque l’Occupation commence en juin 1940, Mariette fait partie de ceux qui refusent de cesser toute activité. Il participe à la reconstitution clandestine des cellules locales, notamment dans le sud parisien.

En mai 1942, il passe totalement dans la clandestinité. Il utilise plusieurs pseudonymes, chacun associé à une fonction précise :Fournier : pseudonyme utilisé pour les liaisons intercellules. Masson : nom de couverture pour les déplacements en zone occupée. Bertrand : identité utilisée pour la réception de matériel clandestin. Duval : pseudonyme final, utilisé dans les FTP. Ces changements fréquents montrent qu’il est déjà repéré, ou du moins surveillé.

Les archives indiquent qu’Alfred Mariette devient responsable régional dans les structures clandestines du PCF. Il coordonne :la diffusion de tracts, la collecte de renseignements, les liaisons entre groupes, la transmission de consignes venant de la direction clandestine.

À partir de fin 1942, il rejoint les FTP (Francs-Tireurs et Partisans), branche armée de la Résistance communiste. Il n’est pas un combattant armé, mais un agent de liaison stratégique, rôle extrêmement exposé.

Pour comprendre l’arrestation de Mariette, il faut comprendre la BS2, la Brigade spéciale n°2, unité de la préfecture de police de Paris dédiée à la lutte contre les organisations communistes clandestines. La BS2 :infiltre les réseaux, intercepte les courriers, suit les militants, organise des filatures, procède à des arrestations coordonnées. Elle travaille en étroite collaboration avec l’Abwehr et la Gestapo.À partir de fin 1942, la BS2 intensifie ses opérations. Les FTP sont une priorité absolue.

Les documents d’archives indiquent que Mariette se rend ce jour-là à un rendez-vous clandestin à la gare Saint-Lazare. Il ne sait pas que la BS2 l’attend. L’arrestation est brutale. Dans ses poches, les policiers trouvent des plans, des adresses, une fausse identité. C’est la fin de sa vie de résistant libre. Ces éléments suffisent à le relier à un réseau FTP. Il est immédiatement transféré dans les locaux de la BS2, rue des Saussaies, où les interrogatoires sont réputés violents. Après plusieurs semaines d’interrogatoire, Mariette est interné à Fresnes, antichambre de la déportation. Il y reste jusqu’à l’été 1943. Le 11 juillet 1943, il est inscrit sur le convoi I.115, un transport de déportés politiques. Le train part de la gare de l’Est.

Le 12 juillet 1943, Mariette arrive au camp de Natzweiler-Struthof, situé dans le Bas-Rhin annexé. Il reçoit le matricule 4489. Le Struthof est un camp particulièrement meurtrier :altitude élevée, froid intense, travail exténuant dans les carrières, rationnement extrême, brutalité systématique des gardiens SS. Les déportés politiques y sont traités comme des ennemis directs du Reich.

Les registres du camp indiquent qu’Alfred Mariette meurt le 13 août 1943, soit 32 jours après son arrivée. Aucune précision n’est donnée. La brièveté de sa survie montre qu’il a été soumis à un régime particulièrement dur, peut-être en raison de son rôle dans les FTP.

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Sources : Maitron, Musée de la Résistance, Mémorial des Déportés, Service Historique de la Défense.


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