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À Malakoff, au 1 rue François Coppée, une plaque discrète rappelle un nom que peu de passants remarquent : Ollivier Cospen. Pourtant, derrière ces quelques lettres se cache l’histoire d’un jeune homme de 22 ans emporté par la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Engagé dans la Résistance il est arrêté en août 1944 alors que Paris s’apprête à se soulever. Il fait partie du dernier convoi de déportation. Destination : le camp de Buchenwald. Il n’existe aucune trace des circonstances de sa mort. Ollivier Cospen disparaît dans les ténèbres de la déportation Né le 23 février 1922 à Pléguien, dans les Côtes d’Armor, Ollivier Cospen arrive en région parisienne avec sa famille dans les années 1930. Il grandit dans un environnement modeste à Malakoff, marqué par la solidarité ouvrière et l’engagement civique. Ceux qui l’ont connu décrivent un garçon vif, sportif, curieux, animé d’un sens aigu de la justice. Dès 1943, alors que l’Occupation pèse lourdement sur la vie quotidienne, Ollivier refuse la résignation. Il rejoint un maquis des Alpes, où il apprend les rudiments du combat clandestin : maniement des armes, sabotage, transmissions. Mais son attachement à la région parisienne le ramène rapidement en Île-de-France où il s’engage dans le réseau Darius, un groupe de renseignement et d’action opérant dans la capitale et sa banlieue sud. Le réseau, composé de jeunes gens collecte des informations sur les mouvements allemands, distribue des tracts, organise des filières d’évasion. Ollivier s’y distingue par son sang froid et sa détermination. Le 5 juillet 1944, alors que Paris bruisse des rumeurs d’un débarquement imminent, Ollivier est arrêté une première fois. Il parvient à s’évader, un exploit rare à ce stade de la guerre, mais la Gestapo qui a identifié son rôle dans le réseau, ne l’oublie pas. Le 19 ou 20 juillet 1944, il est repris. Conduit rue des Saussaies, siège de la Gestapo parisienne, il subit interrogatoires et violences. Pour protéger ses camarades, il donne une fausse identité. Il est ensuite transféré à Fresnes, où s’entassent résistants, otages et prisonniers politiques. Le 15 août 1944, alors que Paris s’apprête à se soulever, les Allemands organisent un dernier convoi de déportation. Ollivier Cospen en fait partie. Destination : Buchenwald, l’un des plus grands camps du Reich. À son arrivée, il est affecté au camp annexe de Dora, où les déportés travaillent à la construction des V2, les fusées de représailles nazies. Les conditions y sont effroyables : tunnels saturés de poussière, absence d’air, travail forcé de nuit, rationnement extrême. Quelques jours plus tard, il est transféré à Ellrich, un autre camp satellite, encore plus meurtrier. Alors que les forces alliées approchent, il aurait été dirigé vers Nordhausen, où les archives se perdent. Aucune trace officielle ne permet de connaître les circonstances exactes de sa mort. Le tribunal civil de la Seine finit par fixer la date de décès au 20 août 1944, à Buchenwald, une date administrative, faute de mieux. Comme tant d’autres jeunes résistants, Ollivier Cospen disparaît dans les ténèbres de la déportation, sans sépulture, sans témoin, sans adieu. ----------------- Sources : Service Historique de la Défense, Musée de la Résistance |