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Robert Pasco, déporté au camp de Mauthausen
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Comme beaucoup de jeunes de la Région Parisiennne, la guerre à bouleversé la vie de Robert Pasco, jeune ouvrier de Malakoff. Envoyé en Allemagne comme travailleur, suite à une permission il devient clandestin et se rapproche des réseaux de la Résistance. Il est arrêté à Vincennes puis déporté en mars 1944 au camp de Mauthausen. Il y meurt après six mois à 22 ans seulement.

Né le 20 février 1922 à Saint Cyr l’École, Robert Pasco grandit dans une famille modeste : son père, Jacques, et sa mère, Léontine Plédran, sont cultivateurs. Très jeune, il apprend le métier de relieur, un travail manuel exigeant, qu’il exerce d’abord chez Engel, à Malakoff, où il réside.

Comme beaucoup de jeunes ouvriers de la banlieue parisienne, il enchaîne les emplois :Renault Billancourt jusqu’en juin 1940,puis terrassier pour l’entreprise Sacer à Châtenay Malabry, et brièvement au GIBSO. La guerre bouleverse son existence. En janvier 1942, il est envoyé en Allemagne comme travailleur. Ce n’est pas encore le STO obligatoire, mais déjà une contrainte lourde. Mais en juin, lors d’une permission, il prend une décision radicale : ne pas retourner outre Rhin. Il devient alors un clandestin dans son propre pays.

De 1942 à 1943, Robert Pasco mène une vie d’errance et de prudence. Il change régulièrement de région et de métier pour ne pas attirer l’attention :blanchisseur dans un hôpital, garagiste, bûcheron dans la Nièvre, terrassier à nouveau. Cette existence précaire forge son caractère : discret, mobile, déterminé. Elle le rapproche aussi des réseaux clandestins qui recrutent des jeunes refusant le STO.

Le 20 octobre 1943, Robert Pasco rejoint les FTPF, l’un des mouvements les plus actifs de la Résistance intérieure. Il intègre le groupe Victor Hugo, connu pour ses actions de sabotage et de récupération d’armes. Son engagement est total : il transporte des armes, sert de liaison, participe à la logistique clandestine. À 21 ans, il est l’un de ces anonymes sans lesquels les réseaux n’auraient pu fonctionner.

Fin 1943, une série d’arrestations frappe les FTPF. C’est l’affaire Macé, du nom d’un résistant arrêté qui, sous la torture, livre des informations. Le 27 décembre 1943, à Vincennes, la police française arrête Robert Pasco. Il porte sur lui une fausse carte d’identité et des armes, preuves irréfutables de son activité clandestine. Il est incarcéré à Fresnes, puis transféré au camp de Compiègne, antichambre de la déportation.

Le 27 mars 1944, Robert Pasco est déporté par un convoi partant de Paris vers le camp de Mauthausen, en Autriche, l’un des plus meurtriers du système concentrationnaire nazi. Il est ensuite affecté au kommando de Gusen, réputé pour ses conditions de travail inhumaines dans les carrières et les tunnels creusés pour l’industrie d’armement . Les prisonniers y meurent d’épuisement, de faim, de coups, de maladie. Robert Pasco y succombe le 30 novembre 1944, à seulement 22 ans.

L’histoire de Robert Pasco rappelle que la Résistance n’a pas été l’œuvre de quelques figures célèbres, mais d’une multitude de jeunes gens ordinaires, dont le nom n’a survécu que grâce à la mémoire locale et aux archives.

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Sources : Maitron, Service Historique de la Défense


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