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Installé provisoirement en 1944 dans l’école Henri Barbusse, le nouveau Centre d’apprentissage , ancêtre du lycée Louis Girard, va bénéficier d’un établissement spécifique conçu pour l’enseignement technique, toujours à Malakoff. C’est le projet de l’architecte André Sogorb qui sera retenu. Il va réaliser un bâtiment qualifié de moderniste et fonctionnaliste. Un oeuvre discrète représentative de l’architecture scolaire des années 1950. A la Libération, le développement de l’enseignement technique devient une priorité nationale. Les besoins en ouvriers qualifiés, dessinateurs industriels et mécaniciens sont immenses pour reconstruire le pays et moderniser l’appareil productif français. C’est dans ce contexte qu’est créé en 1944 le Centre d’apprentissage de Malakoff, ancêtre du lycée Louis-Girard. Dans un premier temps, les cours sont dispensés dans l’école primaire Henri Barbusse située au 2, rue Jules-Guesde. Cette installation provisoire présente rapidement de nombreuses limites. Les salles de classe ne sont pas adaptées à l’enseignement professionnel et les planchers ne peuvent supporter le poids des machines-outils nécessaires à la formation des élèves. La municipalité de Malakoff souhaite également récupérer ces locaux pour répondre aux besoins de la scolarisation des jeunes enfants de la commune. Face à cette situation, la décision est prise de construire un établissement spécifiquement conçu pour l’enseignement technique. C’est le projet de l’architecte André Sogorb conçu pour recevoir environ 450 élèves.qui sera retenue. Il prévoit à la fois des salles d’enseignement général, des ateliers de mécanique et des espaces capables d’accueillir des équipements industriels modernes Un architecte et une vision architecturale moderne pour l’enseignement technique André Sogorb architecte est associé à plusieurs réalisations scolaires d’importance en région parisienne, dont le lycée professionnel de Malakoff . Né le 30 septembre 1909 à Alger, alors département français d’Algérie, André Julien Sogorb appartient à cette génération d’architectes formés entre les deux conflits mondiaux et qui exerceront principalement durant la période de la Reconstruction Très tôt attiré par l’architecture, il poursuit sa formation à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris entre 1933 et 1941. Il fréquente notamment l’atelier de Paul Bigot, l’un des architectes et pédagogues les plus influents de son époque, connu pour ses recherches sur l’urbanisme et pour sa célèbre maquette de la Rome antique. La formation dispensée dans cet atelier associait rigueur du dessin, composition monumentale et maîtrise technique, autant de qualités que l’on retrouvera plus tard dans l’ensemble de l’œuvre de Sogorb. Pour un élève comme André Sogorb, cette formation est particulièrement importante. Elle explique en partie les qualités que l’on retrouve plus tard dans la conception du lycée Louis-Girard de Malakoff : une organisation très logique des bâtiments, une attention portée aux circulations, un goût pour les plans clairs et une vision globale de l’établissement comme ensemble cohérent plutôt que comme juxtaposition de constructions indépendantes.
L’œuvre de André Sogorb s’inscrit dans un courant architectural souvent qualifié de moderniste et fonctionnaliste. ou d’« architecture publique fonctionnelle ». Contrairement à certaines figures médiatisées de l’architecture moderne du moment, il ne recherche pas l’effet spectaculaire. Son travail privilégie la lisibilité du plan, l’économie des moyens et l’adaptation du bâtiment à sa fonction. Au lycée Louis-Girard, cette conception se traduit par un ensemble cohérent, pensé comme un outil de formation. Contrairement à un lycée classique centré sur les seules salles de cours, l’établissement accorde une place essentielle aux ateliers techniques. Les bâtiments sont organisés de façon rationnelle afin de faciliter les déplacements des élèves entre enseignements généraux et enseignements pratiques. La structure privilégie des volumes simples, robustes et facilement adaptables aux évolutions des équipements pédagogiques. A l’extérieur l’élégance réside dans la clarté de l’organisation spatiale. Les façades présentent un rythme régulier de baies vitrées destinées à apporter un éclairage naturel abondant dans les salles de classe et surtout dans les ateliers où la précision des gestes techniques impose de bonnes conditions de travail. Les longues façades percées de fenêtres en bandeaux traduisent cette recherche d’éclairage naturel continu. La lumière n’est pas seulement un élément de confort elle participe d’une vision moderne de l’école, ouverte, saine et rationnelle. L’établissement témoigne également des principes hygiénistes encore très présents dans l’architecture scolaire des années 1950. L’ensoleillement, l’aération et la séparation claire des différentes fonctions pédagogiques constituent des préoccupations majeures. Les cours et espaces extérieurs participent pleinement à cette organisation, Plus de soixante ans après son inauguration, le bâtiment originel demeure le socle historique du lycée. Lorsque la Région Île-de-France engage sa grande restructuration au début du XXIᵉ siècle, l’équipe de Christine Carril et Dominique Carril choisit d’ailleurs de recomposer l’établissement autour de cette trame existante plutôt que de procéder à une démolition complète. À travers cette réalisation, André Sogorb a laissé à Malakoff une œuvre discrète mais majeure, qui continue de structurer la vie quotidienne de plusieurs centaines d’élèves et perpétue l’héritage ouvrier auquel la ville est profondément attachée.
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