2015 : RENOVATION-EXTENSION - L’architecture comme outil de transformation du lycée Louis Girard (5)
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>>UN LIEN AVEC L’HISTOIRE À la fin des années 1930, la construction du stade Lénine constitue l’un des projets d’équipement public entrepris par la municipalité de Malakoff. Au-delà de sa vocation sportive, cette réalisation témoigne des profondes transformations sociales, politiques et urbaines que connaît alors la commune qui bénéficiera d’une législation et des soutiens favorables du Front Populaire. L’histoire commence dès le début des années 1930. La pratique sportive connaît alors un développement sans précédent. Le football, l’athlétisme, la gymnastique ou encore le cyclisme attirent un nombre croissant de jeunes et d’adultes. En 1936, Malakoff compte neuf sociétés sportives regroupant plus de 450 adhérents. Les dirigeants associatifs, confrontés à l’insuffisance des installations existantes et à la dispersion des terrains utilisés par les différents clubs, réclament avec insistance la création d’un véritable stade municipal susceptible d’accueillir les compétitions et l’entraînement des sportifs malakoffiots. Cette revendication rejoint les préoccupations de la municipalité ouvrière élue en 1925. Dès 1935, la ville acquiert un vaste terrain situé entre la rue Danton et l’avenue Jules-Ferry. La même année, le projet de stade munici À Malakoff, le dossier est porté avec détermination par le député-maire de la commune Léon Piginnier. L’arrivée du Front populaire au pouvoir, au printemps 1936, ouvre de nouvelles perspectives. Le gouvernement de Léon Blum crée un sous-secrétariat d’État chargé de l’organisation des sports et des loisirs. Cette administration nouvelle est confiée à Léo Lagrange, figure majeure des réformes sociales du Front populaire. Convaincu que l’accès au sport doit être ouvert au plus grand nombre, celui-ci met en place une politique ambitieuse de soutien aux équipements populaires.
Après plusieurs années de préparation administrative et financière, le chantier s’ouvre finalement en 1938. L’entreprise revêt une portée symbolique forte. Dans une ville où les valeurs de solidarité, d’éducation et d’émancipation par le sport sont régulièrement mises en avant, le futur stade doit devenir un équipement de référence. Sa conception prévoit non seulement un terrain de football mais également des installations destinées à l’athlétisme et aux activités sportives les plus pratiquées par les associations locales. Les travaux progressent rapidement. Dans un contexte international devenu préoccupant, alors que les tensions s’accumulent en Europe, les autorités municipales souhaitent mener l’opération à son terme le plus rapidement possible. L’objectif est atteint à l’été 1939. Bien que certains aménagements demeurent inachevés, le nouveau stade est inauguré à l’occasion des fêtes nationales du 14 juillet 1939. L’événement attire une foule nombreuse. Pour les élus comme pour les responsables associatifs, cette inauguration marque l’aboutissement de plusieurs années d’efforts. Le nom choisi pour le stade reflète l’identité politique de la municipalité. Baptisé « stade Lénine », l’équipement rejoint alors une série de réalisations symboliques de la banlieue rouge parisienne où écoles, rues, places ou équipements publics rappellent les grandes figures du mouvement ouvrier international. Au-delà de sa dimension idéologique, cette dénomination traduit aussi une certaine conception du sport conçu comme un outil d’éducation, de fraternité et de progrès social. Quelques semaines seulement après son inauguration éclate la Seconde Guerre mondiale. L’activité du stade s’en trouve profondément perturbée. Les compétitions sont réduites, les associations connaissent des difficultés de fonctionnement et la vie municipale est soumise aux contraintes de l’Occupation. Malgré ce contexte difficile, la délégation spéciale non élue et mis en place par le régime d’extrême droite de Pétain envisage un ambitieux programme d’agrandissement du stade. Le projet prévoit notamment l’extension des installations afin d’accompagner le développement futur des pratiques sportives. Cette opération ne dépassera cependant jamais le stade des études. À la Libération, les priorités de la reconstruction et les nouvelles orientations urbanistiques conduisent à l’abandon définitif de ce programme. En 1946, la nouvelle municipalité élue démocratiquement décide de renoncer à l’agrandissement envisagé et examine plutôt la possibilité de créer un second grand complexe sportif dans la partie sud de la commune.
Après la guerre, le stade devient l’un des principaux centres de la vie sportive associative locale. La création de l’Union Sportive Municipale de Malakoff (USMM) en 1945 lui apporte une nouvelle dynamique. Football, athlétisme, activités scolaires, rencontres intercommunales et fêtes sportives s’y succèdent pendant plusieurs décennies. Des milliers d’enfants y découvrent la pratique sportive tandis que plusieurs générations de bénévoles contribuent à faire vivre les clubs locaux. Au fil du temps, le site s’enrichit d’équipements complémentaires. Gymnase, installations d’athlétisme, espaces de pétanque, stand de tir et terrains spécialisés viennent progressivement compléter le dispositif initial. Le stade devient un véritable complexe sportif municipal occupant une place essentielle dans la vie quotidienne de la commune. Il contribue au rayonnement de la ville bien au-delà de ses frontières communales. En 2010, une rénovation majeure transforme profondément le terrain principal. La pelouse naturelle laisse place à un revêtement synthétique destiné à augmenter considérablement les capacités d’utilisation de l’équipement tout en réduisant les besoins d’entretien et d’arrosage. Cette modernisation répond aux besoins croissants des clubs et des établissements scolaires qui fréquentent quotidiennement le site. A partir de 2022, le complexe est profondément impacté par les travaux de géothermie menés sous le site. Ces chantiers entrainent une réorganisation temporaire des activités sportives et la préparation d’un vaste programme de reconstruction des équipements sportifs. En 2026, la Ville prévoit ainsi la reconstruction du terrain de football, du city-stade et la rénovation du boulodrome. Ainsi, né de la rencontre entre les aspirations du mouvement sportif local, les ambitions d’une municipalité ouvrière élue en 1925 et les politiques nationales portées par le Front Populaire, le stade du centre ville constitue aujourd’hui encore un témoin privilégié de l’histoire sportive, sociale, urbaine et politique de Malakoff. Derrière son terrain, ses gradins et ses équipements successivement modernisés se lit en effet une part essentielle de l’histoire de la ville elle-même.
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