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DESTIN DE DEPORTE
Aloyse Arblade déporté au camp d’Auschwitz

Aloyse Arblade, né le 18 août 1901 à Montpellier, incarne l’histoire de ces anonymes devenus malgré eux des symboles de résistance et de courage. Ouvrier, militant, élu local, il fut l’une des figures engagées de la ville avant que la machine répressive de Vichy et de l’occupant nazi ne l’emporte.

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Aloyse Arblade, né le 18 août 1901 à Montpellier, incarne l’histoire de ces anonymes devenus malgré eux des symboles de résistance et de courage. Ouvrier, militant, élu local, il fut l’une des figures engagées de la ville avant que la machine répressive de Vichy et de l’occupant nazi ne l’emporte.

Arrivé en région parisienne dans les années 1920, Arblade s’installe à Malakoff, où il exerce comme manœuvre spécialisé aux usines Citroën. Militant communiste et syndicaliste, il s’implique dans la vie municipale et est élu conseiller municipal en 1935 sur la liste de Léon Piginnier. Son engagement politique lui vaut d’être déchu de son mandat en 1940, après l’interdiction du Parti communiste par le gouvernement de Vichy.

Dès l’automne 1940, la répression s’intensifie. Le 26 octobre, Arblade est arrêté par la police française pour « activité communiste » et interné au camp d’Aincourt, premier camp français destiné aux militants de gauche. En février 1942, il est remis aux autorités allemandes et transféré au camp de Compiègne, antichambre des déportations massives.

Le 6 juillet 1942, Aloyse Arblade est déporté à Auschwitz dans le tristement célèbre convoi des “45000”, composé majoritairement de militants communistes considérés comme otages par les nazis. À son arrivée, il reçoit le matricule 45176. Il meurt le 13 janvier 1943, affaibli par les conditions inhumaines du camp.

Pose d’un pavé de la mémoire le 7 mai 2026, 22 rue Voltaire

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Photos du site sur l’histoire du convoi de déportés du 6 juillet 1942 à destination d’auschwitz

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DESTIN DE DEPORTE
Lucien Gerber, déporté au camp de Sachsenhausen-Oranienburg.

L’arrivée au pouvoir du régime de Vichy bouleverse a vieL de Lucien Gerber. Comme tous les élus communistes, il est déchu de son mandat. Rapidement, il est arrêté, puis interné administrativement, sans jugement, en raison de son engagement politique. La mécanique répressive se met en place : surveillé, déplacé de camp en camp, il finit par être livré aux autorités allemandes et déporté au camp de Sachsenhausen-Oranienburg.

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L’arrivée au pouvoir du régime de Vichy bouleverse a vieL de Lucien Gerber. Comme tous les élus communistes, il est déchu de son mandat. Rapidement, il est arrêté, puis interné administrativement, sans jugement, en raison de son engagement politique. La mécanique répressive se met en place : surveillé, déplacé de camp en camp, il finit par être livré aux autorités allemandes et déporté au camp de Sachsenhausen-Oranienburg.

Né le 28 juillet 1901 à Malakoff, Lucien Gerber grandit dans une famille ouvrière profondément ancrée dans la vie locale. Employé de commerce, il s’engage très tôt dans le mouvement ouvrier et adhère au Parti communiste français, alors en plein essor dans la banlieue rouge.

En 1935, il est élu conseiller municipal. Travailleur, apprécié, il fait partie de cette génération de militants qui veulent transformer la ville par l’action sociale et la solidarité.

Le 23 janvier 1943, Lucien Gerber est déporté au camp de Sachsenhausen-Oranienburg, au nord de Berlin. Ce camp, l’un des plus anciens du système concentrationnaire nazi, est réputé pour sa brutalité. Les prisonniers y subissent travail forcé, privations, violences quotidiennes. On ne sait pas tout de son quotidien là-bas. Mais on sait qu’il y survit deux ans. Deux ans de froid, de faim, de coups, de travail exténuant. Deux ans où la dignité humaine est mise à l’épreuve chaque jour.

Il meurt en février 1945, quelques semaines avant la libération du camp.

Lucien Gerber n’était ni chef de réseau ni figure nationale de la Résistance. Il était un homme simple, un élu local, un militant convaincu. C’est précisément ce qui rend son histoire si importante : elle rappelle que la déportation a frappé des milliers de citoyens ordinaires, dont le seul “crime” était d’avoir défendu une idée, une liberté, une dignité, des engagements.

À Malakoff, son nom n’a jamais disparu. Dès 1946, une rue est baptisée rue Lucien-Gerber, partagée avec son frère Édouard, mort en Espagne républicaine. Deux frères, deux combats, deux sacrifices.

Le 7 mai 2026, un Stolperstein, un pavé de mémoire a été posé au 22 rue Voltaire, son dernier domicile. Ce petit cube de laiton, posé au ras du sol, oblige les passants à baisser les yeux. À se souvenir. À reconnaître que l’Histoire n’est pas faite que de grands noms, mais aussi de vies modestes fauchées par la barbarie.

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DESTIN DE DEPORTEE
Simone Doiselet, déportée aux camps de Ravensbrück et à Holleischein

Simone Doiselet symbolise la période de la Résistance à Malakoff. Dès 1940 elle entre en Résistance avec son mari. Déjà dans le colimateur de la police, ils avaient déjà été perquisitionnés en 1939, Gaston Doiselet étant Conseiller municipal communiste donc à surveiller. « Ennemi d’Hitler » il sera arrêté en 1940. Domicilié dans un petit immeuble de la rue Hoche, Simone Doiselet va alors organiser la Résistance avec un groupe de locataires. Des actes de courage et l’épreuve après son arrestation de la déportation au camp de Ravensbrück en Allemagne.

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Simone Doiselet symbolise la période de la Résistance à Malakoff. Dès 1940 elle entre en Résistance avec son mari. Déjà dans le colimateur de la police, ils avaient déjà été perquisitionnés en 1939, Gaston Doiselet étant Conseiller municipal communiste donc à surveiller. « Ennemi d’Hitler » il sera arrêté en 1940. Domicilié dans un petit immeuble de la rue Hoche, Simone Doiselet va alors organiser la Résistance avec un groupe de locataires. Des actes de courage et l’épreuve après son arrestation de la déportation au camp de Ravensbrück en Allemagne.

Simone Doiselet, née Souillard en 1905 à Paris, mène une existence modeste. Blanchisseuse, mère de quatre enfants, elle s’installe à Malakoff avec son mari. Rien ne la prédestine à devenir une figure de la Résistance. Mais dès 1941, l’Occupation allemande transforme les femmes ordinaires en actrices de l’ombre.

Simone rejoint les réseaux clandestins : l’Union des Femmes Françaises, puis le Front National, mouvement de Résistance intérieure. Elle devient responsable régionale, organise des liaisons, transporte des messages, diffuse des tracts. Une activité dangereuse, mais essentielle.

À ses côtés, sa fille Paulette, encore très jeune, s’engage elle aussi. Leur destin est indissociable.

Le 19 juin 1943, la Gestapo frappe. Simone est arrêtée à Vannes, où elle se trouve pour une mission de liaison. Elle est transférée de prison en prison : Vannes, La Roquette à Paris, la centrale de Rennes, puis le fort de Romainville, antichambre de la déportation pour tant de résistantes.

Paulette, elle aussi arrêtée, disparaît dans les rouages de la répression.

Le 18 avril 1944, Simone est déportée par le convoi des résistantes vers Ravensbrück, le camp de concentration pour femmes. Elle y arrive le 22 avril. Quelques semaines plus tard, elle est transférée au kommando d’Holleischen (Holýšov), annexe du camp de Flossenbürg, où les détenues travaillent dans des conditions inhumaines pour l’industrie de guerre allemande.

Simone survit. Le kommando est libéré début mai 1945 par des partisans polonais, puis par l’armée américaine. Elle est rapatriée en France via Longuyon.

Extrait d’un témoignage paru dans Malakoff-infos N° 162 (1994)

… « On avait rien en main, qui pouvait-on contacter ? » Le Maire Léon Salagnac avait été arrêté, une délégation nommée par le gouvernement de Vichy était en mairie ». Les réunions se font dans les champs environnants à l’abri des regards indiscrets. René Santuc, Gerber, Coste…des Résistants qui l’ont beaucoup aidée. Des contacts avaient été établis avec des camarades de Clamart.

Ces liaisons étaient vitales, un chauffeur de taxi qui possédait un pavillon imprimait les tracts qui étaient ensuite distribués ensuite par le groupe de Simone Doiselet : « De chez moi je pouvais voir passer le chauffeur à une heure précise, c’était le signal et je récupérais les tracts.
J’avais aussi une machine à écrire à laquelle il manquait des touches, et je tapais avec un doigt dans un bruit infernal. Mes fils couvraient le bruit en jouant aux billes ».
 
Marcel Langlois, une autre figure de la Résistance à Malakoff, improvisé imprimeur, était d’une aide précieuse au réseau des Résistants. Le syndrome de la dénonciation était très fort car sous la torture de nombreuses personnes donnaient des noms. Suite à une dénonciation, une perquisition fut effectuée chez les Doiselet. Tout avait pu être mis à l’abri, seul un papier carbone avait été oublié. Papier compromettant qu’un policier trouva. Il le posa sur la table tout en prévenant ses collègues. Profitant de ce moment d’inattention Simone en profite pour jeter le carbone dans la chasse d’eau. Une présence d’esprit qui évita le pire à la famille Doiselet.
Gaston Doiselet sera condamné à 10 mois de prison ferme et incarcéré à la prison de la Santé à Paris. Il sera ensuite transféré dans un camp à Aincourt (1), puis dans le camp de Voves (2).
 
ARRESTATION ET DEPORTATION
 
Cette période verra l’arrestation de nombreux Malakoffiots, suite au décret Daladier (3). Les communistes furent les premiers arrêtés : « On pouvait être libérés mais il fallait signer une reconnaissance à Pétain, ce que refusèrent de faire de nombreux Résistants ».
 
Avoir ses enfants eux aussi dans la Résistance c’était on l’imagine très dur. Lorsque sa fille Paulette a été arrêtée Simone Doiselet s’est démenée pour obtenir sa libération. Le juge qui la libéra aura une phrase prémonitoire : « Moi aussi j’ai deux enfants. J’espère que vous vous souviendrez de moi ». C’est parce qu’elle était membre des Jeunesses combattantes qui fut l’origine de son arrestation.
 
Suite à une filature de la police Simone est un jour interpellée sur le quai de la gare de Vanves-Malakoff. « J’avais des faux papiers, un paquet de cartes d’alimentation volées à la mairie de Nantes par les FTPF (4). J’était chargée de les donner sur Paris ». Emmené au poste de Vanves elle fait traîner les interrogatoires ce qui a permis à ses liaisons d’être alertées de son arrestation. Simone Doiselet ne peut nier son appartenance à la Résistance, les preuves sont là. Nous sommes en juin 1943. Lors de la fouille, elle tombe sur une femme qui l’aide discrètement et l’autorise à faire disparaître un papier mais qu’elle n’arrive pas à avaler. Elle fait alors mine de se trouver mal : seule issue. Un policier dira alors : « Regardez ça fait la fanfaronne et ça se trouve mal dès qu’on la fouille ».
L’engrenage de l’arrestation va conduire Simone Doiselet à la Sûreté Nationale rue Bassano. Le jugement : 18 mois de prison puis la déportation au camp de Ravensbrück (5) puis à Holleischein (6) où elle vivra l’insoutenable…
 
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Notes de la Rédaction :

Photo : Archives Municipales de Malakoff

(1) Le camp d’internement d’Aincourt a eu une courte existence d’octobre 1940 à mai 1942. Cet ancien sanatorium isolé dans une forêt du Val-d’Oise était encerclé de barbelés. Ce lieu d’internement sous entière administration du gouvernement de Pétain et sous contrôle de gardes mobiles français fut l’antichambre de la déportation et de la mort. Début 1942 Vichy décide de fermer le camp afin que la Résistance française ne soit pas tentée de libérer ce « brulot communiste aux portes de Paris ». Les hommes ont été transférés à Voves (Eure-et-Loir), camps d’internement qui sera remis aux autorités allemandes. Les femmes seront internées à Gaillon (Eure). Les juives après un passage à Drancy seront déportées.
 
(2) Le camp de Voves (Eure-et-Loir) était un ancien camp crée en 1917 pour l’aviation. Fin 1939 il deviendra un camp d’internement pour les opposants politiques et se transformera en camp pour prisonnier de guerre du 29 juin 1940 à la fin 1941. Le 5 janvier 1942, il sera transformé en « centre de séjour surveillée » pour y détenir des opposants au régime de Vichy jusqu’au 9 mai 1944. 2000 internés ont transité par Voves. 583 avaient été livrés aux allemands. Aujourd’hui, le site est un lieu de Mémoire.
 
(3) En fait plusieurs décrets-lois ont concerné les travailleurs étrangers « en surnombre dans l’économie nationale ». La législation dut renforcée et étendue par le gouvernement de Vichy. Le 29 septembre 1939 Daladier, Président du Conseil (aujourd’hui le 1er Ministre) signa le décret prononçant la dissolution du Parti communiste et de ses publications.
 
(4) Francs tireurs et partisans français (FTPF), également appelés Francs tireurs et partisans (FTP) est le nom du mouvement de Résistance intérieure française créé à la fin de 1941 par la direction du Parti communiste français.
 
(5) Le camp de Ravensbrück situé à 80 kilomètres de Berlin fut établi par le régime nazi de 1934 à 1945. Ce fut un camp de concentration spécialement réservé aux femmes dans lequel vécurent également des enfants. 132 000 femmes et enfants y seront déportés, dont 90 000 seront exterminés. A partir de 1941, des hommes seront enfermés dans un camp annexe.
 
(6) Le camp d’Holleischen (Slovaquie) dépendait du camp de concentration de Flossenbürg dans la région des Sudètes annexée la le régime nazie. Les déportées étaient contraintes au travail forcé dans une usine d’armement. Elles ont été libérées le 5 mai 1945.
 
 
 

 

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DESTIN DE DEPORTEE
Paulette Doiselet, déportée à Ravensbrück

Le foyer Doiselet dans la cité HBM de la rue Hoche était un lieu de passage, de discussions clandestines, de tracts dissimulés sous le linge propre. Dans ce contexte, la jeune Paulette n’est pas une simple spectatrice. Comme beaucoup d’adolescentes de la zone sud parisienne, elle est témoin de l’Occupation, des rafles, des privations. Elle voit sa mère Simone risquer sa vie. Elle comprend vite que résister n’est pas un choix abstrait, mais une nécessité. Déportée, elle échappera du camp de la Mort.

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Le foyer Doiselet dans la cité HBM de la rue Hoche était un lieu de passage, de discussions clandestines, de tracts dissimulés sous le linge propre. Dans ce contexte, la jeune Paulette n’est pas une simple spectatrice. Comme beaucoup d’adolescentes de la zone sud parisienne, elle est témoin de l’Occupation, des rafles, des privations. Elle voit sa mère Simone risquer sa vie. Elle comprend vite que résister n’est pas un choix abstrait, mais une nécessité. Déportée, elle échappera du camp de la Mort.

Les archives municipales la citent parmi les résistantes malakoffiotes. Cela signifie qu’elle a participé, d’une manière ou d’une autre, aux activités clandestines :Diffusion de tracts, Port de messages entre militantes, Aide logistique dans les réseaux féminins liés à l’UFF, Observation et signalement de mouvements suspects dans le quartier Les jeunes filles étaient souvent utilisées comme agents de liaison, car elles attiraient moins l’attention. Paulette, par son âge, correspond parfaitement à ce profil.

En juin 1943, Paulette est arrêtée elle aussi dans la même rafle que sa mère Simone. À partir de là, son parcours devient flou. Contrairement à Simone, dont la déportation est documentée, Paulette disparaît presque entièrement des registres. Ce silence n’est pas rare. Les adolescentes déportées, surtout lorsqu’elles n’étaient pas envoyées dans les grands camps centraux, ont souvent laissé peu ou pas de traces administratives. son histoire reste celle d’une jeune fille happée par la violence de l’Occupation, dont la mémoire repose aujourd’hui sur quelques lignes dans les registres municipaux.

Elle réchappera au camp de la mort. De retour à Malakoff, elle n’aura comme sa mère Simone de cesse de témoigner de cette terrible expérience auprès des plus jeunes, notamment les élèves du collège Paul-Bert.

Les pavés de la rue Hoche révèlent deux noms, deux dates, deux vies : Simone et Paulette. Ils découvrent aussi une histoire plus vaste : celle des femmes résistantes, souvent reléguées au second plan, mais dont l’engagement fut décisif. Leur histoire rappelle que la Résistance n’a pas seulement été l’affaire d’hommes armés dans les maquis. Elle fut aussi celle de femmes, de mères, de filles, de voisines, qui ont choisi de dire non au nazisme et à l’occupation.

Pavé de la mémoire au 14 rue Hoche

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DESTIN DE DEPORTE
André Leygnac, deporté au camp de Neuengamme

À l’aube du 21 mai 1941, la police française agissant pour les autorités allemandes frappe à la porte du 16 rue Caron à Malakoff. André Leygnac est arrêté. Il a 26 ans. Ce jour-là, il rejoint une cohorte de militants raflés dans toute la région parisienne. L’occupant nazi veut briser les réseaux clandestins. La répression est méthodique, implacable. Commence pour André Leygnac un itinéraire d’internement pour finir au camp de Neuengamme.

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À l’aube du 21 mai 1941, la police française agissant pour les autorités allemandes frappe à la porte du 16 rue Caron à Malakoff. André Leygnac est arrêté. Il a 26 ans. Ce jour-là, il rejoint une cohorte de militants raflés dans toute la région parisienne. L’occupant nazi veut briser les réseaux clandestins. La répression est méthodique, implacable. Commence pour André Leygnac un itinéraire d’internement pour finir au camp de Neuengamme.

Né le 26 août 1914 à Malakoff, André Leygnac grandit dans un environnement marqué par l’engagement social et politique. Aide-géomètre, il appartient à cette génération de jeunes adultes que la montée des fascismes, la défaite de 1940 et l’Occupation vont précipiter dans l’histoire.

Lorsque le Parti communiste français est interdit en 1939, il rejoint les rangs de la clandestinité. À Malakoff, bastion ouvrier, les réseaux communistes se réorganisent rapidement. Tracts, réunions secrètes, propagande anti-occupation : Leygnac participe à ces actions qui, pour l’occupant, relèvent du « terrorisme ».

Commence alors un itinéraire d’internement qui illustre la mécanique administrative de la répression où les conditions d’internement se durcissent : Prison de la Santé, prison de Fresnes en été 1941, prison de Poissy fin 1941, le Camp de Voves (Eure-et-Loir) en 1942, haut lieu d’internement des militants communistes et syndicalistes, Compiègne, Frontstalag 122, en 1943 et 1944 antichambre de la déportation .

Le 24 mai 1944, André Leygnac est déporté vers le camp de Neuengamme, près de Hambourg (1). Il y reçoit le matricule 30921. Neuengamme est l’un des camps les plus meurtriers du Reich. Les détenus y travaillent dans les briqueteries, les carrières, les kommandos extérieurs. Les journées sont interminables, la nourriture insuffisante, les coups fréquents. Les maladies comme la dysenterie, tuberculose notamment déciment les prisonniers.

Les archives ne permettent pas de fixer la date exacte de sa mort. On sait seulement qu’il meurt en déportation, probablement fin 1944 ou début 1945, dans un camp où plus de la moitié des détenus ne survivront pas.

À Malakoff, son nom n’a jamais disparu. Il figure a la fois sur le Monument aux morts, dans la liste officielle des Malakoffiots morts en déportation, sur une plaque commémorative apposée au 16 rue Caron, et sur un Stolperstein, ces pavés de mémoire posés devant les lieux d’arrestation.

Ces hommages rappellent qu’André Leygnac n’était pas un numéro, mais un jeune homme de 26 ans, un voisin, un militant, un citoyen qui a refusé la résignation.

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1) Le camp de concentration de Neuengamme fut l’un des plus importants camps nazis du nord de l’Allemagne. Créé en 1938 près de Hambourg, il a interné plus de 100 000 personnes, dont environ 11 500 Français, et causé la mort d’au moins 42 000 à 55 000 détenus selon les sources

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DESTIN DE DEPORTE
Louis Girard, déporté au camp d’Auschwitz

Louis Girard, l’un des déportés de Malakoff, est mort dans le camps de concentration nazi d’ Auschwitz. Aujourd’hui on se rappelle de lui car une rue et surtout un lycée professionnel portent son nom. Ce militant ouvrier a payé de sa vie ses engagements syndicaux et politiques et de Résistants.

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Louis Girard, l’un des déportés de Malakoff, est mort dans le camps de concentration nazi d’ Auschwitz. Aujourd’hui on se rappelle de lui car une rue et surtout un lycée professionnel portent son nom. Ce militant ouvrier a payé de sa vie ses engagements syndicaux et politiques et de Résistants.

Louis, Georges, Henri, Girard, dit “Gigi”, né le 23 mai 1904 à Aix-les-Bains (Savoie) est arrivé à Malakoff vers 1934, il est domicilié au 14, rue Hoche (quartier du Clos Montholon) au moment de son arrestation. Marié avec Charlotte, ils ont deux enfants : Paulette et Claude, respectivement cinq ans et un an au moment de l’arrestation de leur père.

Louis Girard est jardinier communal à la ville de Malakoff (il travaille également un petit bout de terrain qu’il possède à la Cité-jardin). Secrétaire du centre intersyndical de Malakoff et du Syndicat CGT(U) des jardiniers de la Région parisienne, c’est un militant « bien connu des travailleurs pour son activité inlassable, pour son ardeur dans l’organisation de la lutte pour l’amélioration du sort des ouvriers. »
Charlotte, son épouse, est ouvrière dans une usine de Malakoff et syndiquée à la CGT.
En mai-juin 1940, au cours de l’ “exode”, la mère et les enfants partent se réfugier chez des amis en Eure-et-Loir (28).
Sous l’occupation, Louis Girard diffuse des tracts. La police française le considère comme un « meneur très actif ». Le 6 décembre 1940, il est appréhendé par des agents du commissariat de Vanves lors d’une vague d’arrestation collective visant 69 hommes dans le département de la Seine. D’abord rassemblés à la caserne des Tourelles, boulevard Mortier à Paris 20e, ceux-ci sont le jour même internés administrativement au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Val-d’Oise), créé deux mois plus tôt dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt. Pendant les quinze mois où Louis Girard s’y trouve détenu, son épouse et ses enfants peuvent lui rendre au moins une visite.
 
L’administration du camp lit systématiquement la correspondance des détenus et y relève toutes les informations concernant leur état d’esprit à titre individuel ou collectif…
Le 7 mars 1942, Louis Girard est transféré au camp français (CSS) de Voves (Eure-et-Loir) en cours d’aménagement par un groupe de détenus, où il est enregistré sous le matricule n° 51. Il est “muté” à la place d’un autre détenu de Courbevoie, diagnostiqué porteur de la gale et qui est ramené le 28 février à Aincourt pour s’y faire soigner.
 
Le 10 mai 1942, Louis Girard fait partie des 81 internés remis aux “autorités d’occupation” à la demande de celles-ci et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise - 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 - Polizeihaftlager).
 
LA DEPORTATION
 
Entre fin avril et fin juin 1942, Louis Girard est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9h30.Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Louis Girard est enregistré à Auschwitz sous le numéro 45605 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée ; sa famille en a eu une copie).
Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.
Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.
Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire - au cours duquel Louis Girard se déclare sans religion (Glaubenslos) -, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.
Le 13 juillet - après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau - la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Louis Girard.
Le 16 juillet, sans expliquer sa provenance, un gendarme apporte à Charlotte Girard un billet griffonné à la hâte : « Nous ne savons pas ou nous allons… Je vous embrasse. » Charlotte connaît par ailleurs l’existence des camps de concentration en Allemagne.
Louis Girard meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp ; alors qu’a lieu une grande sélection des “inaptes au travail” à l’intérieur du camp au cours de laquelle 146 des “45000” sont inscrits sur le registre des décès en deux jours (probablement gazés…
Après la guerre, la municipalité de Malakoff donne le nom de Louis Girard à la rue de Châtillon et au lycée professionnel de la ville.
Son nom est inscrit, parmi les victimes du nazisme, sur le Monument aux morts de Malakoff, situé dans le cimetière communal et sur la plaque commémorative apposée à son ancien domicile.
 
 

 

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DESTIN DE DEPORTE
Eugène Avaulée, déporté au camp de Buchenwald

Lorsque le Parti communiste est interdit en 1939, Eugène Avaulée est déchu de son mandat de conseiller municipal le 29 février 1940. Mobilisé, fait prisonnier puis rapatrié pour blessure, il reprend rapidement ses activités militantes. Arrêté en 1941 il est transféré au camp de Voves d’où il s’évade. De nouveau arrêté en 1944, il est déporté au camp de Buchenwald ou il meurt.

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Lorsque le Parti communiste est interdit en 1939, Eugène Avaulée est déchu de son mandat de conseiller municipal le 29 février 1940. Mobilisé, fait prisonnier puis rapatrié pour blessure, il reprend rapidement ses activités militantes. Arrêté en 1941 il est transféré au camp de Voves d’où il s’évade. De nouveau arrêté en 1944, il est déporté au camp de Buchenwald ou il meurt.

Né le 2 mai 1906 à Baudreville, dans la Manche, Eugène Prosper Avaulée grandit dans un milieu modeste. Arrivé à Paris comme ouvrier menuisier, il s’installe à Malakoff au début des années 1930, dans les logements HBM de la rue Hoche.

Militant communiste depuis 1930, il s’implique dans la vie locale et est élu conseiller municipal le 12 mai 1935, sur la liste de Léon Piginnier. Sa femme, Georgette Bourdon, travaille alors comme ouvrière chez Triomph ; le couple a une fille née en 1930.

Le 11 février 1941, il est arrêté par la police française, porteur de tracts communistes. Condamné à huit mois de prison, il passe par La Santé puis Fresnes. À sa sortie, il est interné administrativement à Châteaubriant en août 1941, puis transféré au camp de Voves en mai 1942.

À Voves, il devient chef des travaux du camp et participe à l’organisation clandestine. Le 6 mai 1944, il fait partie des 42 évadés du célèbre tunnel creusé sous les barbelés — l’une des plus grandes évasions collectives de la France occupée.

Après son évasion, Avaulée reprend immédiatement le combat dans le réseau Mithridate, sous le nom de guerre Louis Granger.

Le 4 juillet 1944, il est arrêté porte de Saint-Ouen par la Gestapo lors d’une distribution de tracts. Incarcéré à Fresnes, il est intégré au convoi I.264 du 15 août 1944, l’un des derniers convois de déportés quittant Paris avant la Libération.

Arrivé à Buchenwald le 20 août 1944, matricule 77 945, il est rapidement transféré vers les kommandos de travail forcé de Dora puis Ellrich, parmi les plus meurtriers du système concentrationnaire.

Épuisé par les travaux forcés, la faim et les mauvais traitements, il meurt le 19 novembre 1944.

À Malakoff, son nom a été donné à une rue, et une cellule du Parti communiste a longtemps porté son nom.

En 2021, un Stolperstein (pavé de mémoire) a été posé devant le 14 rue Hoche, à l’endroit même où il vivait, aux côtés de celui de Louis Girard. Ces pavés rappellent aujourd’hui le destin d’hommes ordinaires devenus résistants, dont la vie fut brisée par la déportation.

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Photo : Musée de la Résistance

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DESTIN DE DEPORTE
Jean Malterre, déporté aux camps Buchenwald et Lublin-Majdanek

Au printemps 1943, la France vit sous l’étau de l’Occupation. Le STO (Service du travail obligatoire) pousse de nombreux jeunes à fuir. D’autres, comme Jean Malterre, veulent rejoindre les forces françaises libres. À 18 ans, il prend une décision radicale : passer en Espagne, puis gagner l’Afrique du Nord, où les forces gaullistes recrutent. Il sera arrêté alors qu’il tente de passer la frontière. Il sera déporté au camp de Buchenwald, puis transféré camp de Lublin-Majdanek, en Pologne occupée. Il meurt fusillé. Il avait 19 ans.

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Au printemps 1943, la France vit sous l’étau de l’Occupation. Le STO (Service du travail obligatoire) pousse de nombreux jeunes à fuir. D’autres, comme Jean Malterre, veulent rejoindre les forces françaises libres. À 18 ans, il prend une décision radicale : passer en Espagne, puis gagner l’Afrique du Nord, où les forces gaullistes recrutent. Il sera arrêté alors qu’il tente de passer la frontière. Il sera déporté au camp de Buchenwald, puis transféré camp de Lublin-Majdanek, en Pologne occupée. Il meurt fusillé. Il avait 19 ans.

Né le 13 octobre 1924, Jean Malterre grandit dans une famille ouvrière de Malakoff. Il suit une formation de monteur TSF, un métier technique lié à la radio, domaine en plein essor dans les années 1930. Cette compétence, rare chez les jeunes de son âge, le place au cœur d’un univers où circulent informations, messages codés, voix lointaines, un monde qui nourrit sans doute son désir d’ailleurs et de liberté.

Il prend une décision radicale, passer en Espagne, puis gagner l’Afrique du Nord, où les forces gaullistes recrutent Ce choix n’est pas anodin. Les filières vers l’Espagne sont dangereuses, surveillées, souvent infiltrées. Les arrestations y sont fréquentes. Jean agit seul, sans réseau structuré, sans protection. C’est un engagement personnel, intime, qui témoigne d’une maturité et d’un courage rares.

Le 11 juin 1943, alors qu’il tente de franchir la frontière espagnole, Jean Malterre est arrêté. Il est d’abord incarcéré à la prison de Bayonne, où sont regroupés de nombreux candidats à l’évasion vers l’Espagne. Quelques semaines plus tard, il est transféré au fort du Hâ, à Bordeaux, prison tristement célèbre pour ses conditions de détention et pour les nombreux résistants qui y transitent.

Les archives montrent qu’il y reste plusieurs mois, avant d’être envoyé au camp de Compiègne-Royallieu, principal lieu de rassemblement des déportés politiques en partance pour l’Allemagne.

Le 17 septembre 1943, Jean Malterre est déporté dans un convoi à destination du camp de Buchenwald, près de Weimar. Il y reçoit le matricule 21.608 et est affecté au block 17, réservé en grande partie aux détenus politiques français.

Le 15 janvier 1944, Jean fait partie d’un groupe de détenus transférés vers le camp de Lublin-Majdanek, en Pologne occupée,. Ce transfert est, pour beaucoup, une condamnation à mort. Majdanek est alors l’un des camps les plus meurtriers du système nazi, combinant camp de concentration et centre d’extermination.

Les archives indiquent que Jean Malterre est fusillé le 28 février 1944, à peine six semaines après son arrivée. Il avait 19 ans.

À la Libération, son nom est inscrit parmi les Malakoffiots morts en déportation. Cependant, le 12 octobre 1949, la Commission nationale de la Résistance intérieure refuse de l’homologuer comme résistant, au motif qu’il agissait isolément et n’appartenait à aucun réseau.

Cette décision administrative, aujourd’hui contestée par plusieurs historiens, ne remet pas en cause la nature profondément résistante de son geste : tenter de rejoindre la France libre, au péril de sa vie, était un acte de résistance, même solitaire.

À Malakoff, son nom figure sur la plaque du 12 rue de la Vallée et sur les listes municipales des déportés.

Son histoire rappelle que la Résistance ne fut pas seulement le fait de groupes organisés, mais aussi d’individus anonymes, souvent très jeunes, dont le courage n’a été reconnu que tardivement, ou pas du tout. Son geste, solitaire mais déterminé, montre que la résistance peut naître d’une conviction intime, d’un refus instinctif de l’injustice. Il rappelle que la liberté n’est jamais acquise, et que la mémoire des plus jeunes victimes de la barbarie doit être préservée avec exigence.

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DESTIN DE DEPORTE
Alfred Mariette, déporté au camp de Natzweiler-Struthof

À Malakoff, au 87 avenue Pierre-Larousse, une plaque commémorative rappelle qu’Alfred Mariette, ouvrier métallurgiste et militant communiste, fut arrêté, déporté et assassiné dans le système concentrationnaire nazi. Mais derrière cette plaque se cache une histoire d’une précision glaçante, reconstituée grâce aux archives de la police, aux dossiers de la BS2, aux registres du camp de Natzweiler-Struthof et aux témoignages indirects de ses camarades.

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À Malakoff, au 87 avenue Pierre-Larousse, une plaque commémorative rappelle qu’Alfred Mariette, ouvrier métallurgiste et militant communiste, fut arrêté, déporté et assassiné dans le système concentrationnaire nazi. Mais derrière cette plaque se cache une histoire d’une précision glaçante, reconstituée grâce aux archives de la police, aux dossiers de la BS2, aux registres du camp de Natzweiler-Struthof et aux témoignages indirects de ses camarades.

Né le 29 juillet 1904 à Rosny-sous-Bois, Alfred Mariette exerce le métier de métallurgiste, un secteur fortement syndiqué, où le PCF et la CGT jouent un rôle structurant. Il adhère au Parti communiste en 1935, à une époque où le Front populaire galvanise les espoirs ouvriers. Il habite au 87 rue Pierre Larousse à Malakoff.

Lorsque le PCF est interdit en septembre 1939, puis lorsque l’Occupation commence en juin 1940, Mariette fait partie de ceux qui refusent de cesser toute activité. Il participe à la reconstitution clandestine des cellules locales, notamment dans le sud parisien.

En mai 1942, il passe totalement dans la clandestinité. Il utilise plusieurs pseudonymes, chacun associé à une fonction précise :Fournier : pseudonyme utilisé pour les liaisons intercellules. Masson : nom de couverture pour les déplacements en zone occupée. Bertrand : identité utilisée pour la réception de matériel clandestin. Duval : pseudonyme final, utilisé dans les FTP. Ces changements fréquents montrent qu’il est déjà repéré, ou du moins surveillé.

Les archives indiquent qu’Alfred Mariette devient responsable régional dans les structures clandestines du PCF. Il coordonne :la diffusion de tracts, la collecte de renseignements, les liaisons entre groupes, la transmission de consignes venant de la direction clandestine.

À partir de fin 1942, il rejoint les FTP (Francs-Tireurs et Partisans), branche armée de la Résistance communiste. Il n’est pas un combattant armé, mais un agent de liaison stratégique, rôle extrêmement exposé.

Pour comprendre l’arrestation de Mariette, il faut comprendre la BS2, la Brigade spéciale n°2, unité de la préfecture de police de Paris dédiée à la lutte contre les organisations communistes clandestines. La BS2 :infiltre les réseaux, intercepte les courriers, suit les militants, organise des filatures, procède à des arrestations coordonnées. Elle travaille en étroite collaboration avec l’Abwehr et la Gestapo.À partir de fin 1942, la BS2 intensifie ses opérations. Les FTP sont une priorité absolue.

Les documents d’archives indiquent que Mariette se rend ce jour-là à un rendez-vous clandestin à la gare Saint-Lazare. Il ne sait pas que la BS2 l’attend. L’arrestation est brutale. Dans ses poches, les policiers trouvent des plans, des adresses, une fausse identité. C’est la fin de sa vie de résistant libre. Ces éléments suffisent à le relier à un réseau FTP. Il est immédiatement transféré dans les locaux de la BS2, rue des Saussaies, où les interrogatoires sont réputés violents. Après plusieurs semaines d’interrogatoire, Mariette est interné à Fresnes, antichambre de la déportation. Il y reste jusqu’à l’été 1943. Le 11 juillet 1943, il est inscrit sur le convoi I.115, un transport de déportés politiques. Le train part de la gare de l’Est.

Le 12 juillet 1943, Mariette arrive au camp de Natzweiler-Struthof, situé dans le Bas-Rhin annexé. Il reçoit le matricule 4489. Le Struthof est un camp particulièrement meurtrier :altitude élevée, froid intense, travail exténuant dans les carrières, rationnement extrême, brutalité systématique des gardiens SS. Les déportés politiques y sont traités comme des ennemis directs du Reich.

Les registres du camp indiquent qu’Alfred Mariette meurt le 13 août 1943, soit 32 jours après son arrivée. Aucune précision n’est donnée. La brièveté de sa survie montre qu’il a été soumis à un régime particulièrement dur, peut-être en raison de son rôle dans les FTP.

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Sources : Maitron, Musée de la Résistance, Mémorial des Déportés, Service Historique de la Défense.

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DESTIN DE DEPORTE
Ollivier Cospen, déporté au camp de Buchenwald

À Malakoff, au 1 rue François Coppée, une plaque discrète rappelle un nom que peu de passants remarquent : Ollivier Cospen. Pourtant, derrière ces quelques lettres se cache l’histoire d’un jeune homme de 22 ans emporté par la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Engagé dans la Résistance il est arrêté en août 1944 alors que Paris s’apprête à se soulever. Il fait partie du dernier convoi de déportation. Destination : le camp de Buchenwald. Il n’existe aucune trace des circonstances de sa mort. Ollivier Cospen disparaît dans les ténèbres de la déportation

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À Malakoff, au 1 rue François Coppée, une plaque discrète rappelle un nom que peu de passants remarquent : Ollivier Cospen. Pourtant, derrière ces quelques lettres se cache l’histoire d’un jeune homme de 22 ans emporté par la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Engagé dans la Résistance il est arrêté en août 1944 alors que Paris s’apprête à se soulever. Il fait partie du dernier convoi de déportation. Destination : le camp de Buchenwald. Il n’existe aucune trace des circonstances de sa mort. Ollivier Cospen disparaît dans les ténèbres de la déportation

Né le 23 février 1922 à Pléguien, dans les Côtes d’Armor, Ollivier Cospen arrive en région parisienne avec sa famille dans les années 1930. Il grandit dans un environnement modeste à Malakoff, marqué par la solidarité ouvrière et l’engagement civique. Ceux qui l’ont connu décrivent un garçon vif, sportif, curieux, animé d’un sens aigu de la justice.

Dès 1943, alors que l’Occupation pèse lourdement sur la vie quotidienne, Ollivier refuse la résignation. Il rejoint un maquis des Alpes, où il apprend les rudiments du combat clandestin : maniement des armes, sabotage, transmissions. Mais son attachement à la région parisienne le ramène rapidement en Île-de-France où il s’engage dans le réseau Darius, un groupe de renseignement et d’action opérant dans la capitale et sa banlieue sud.

Le réseau, composé de jeunes gens collecte des informations sur les mouvements allemands, distribue des tracts, organise des filières d’évasion. Ollivier s’y distingue par son sang froid et sa détermination.

Le 5 juillet 1944, alors que Paris bruisse des rumeurs d’un débarquement imminent, Ollivier est arrêté une première fois. Il parvient à s’évader, un exploit rare à ce stade de la guerre, mais la Gestapo qui a identifié son rôle dans le réseau, ne l’oublie pas. Le 19 ou 20 juillet 1944, il est repris. Conduit rue des Saussaies, siège de la Gestapo parisienne, il subit interrogatoires et violences. Pour protéger ses camarades, il donne une fausse identité. Il est ensuite transféré à Fresnes, où s’entassent résistants, otages et prisonniers politiques.

Le 15 août 1944, alors que Paris s’apprête à se soulever, les Allemands organisent un dernier convoi de déportation. Ollivier Cospen en fait partie. Destination : Buchenwald, l’un des plus grands camps du Reich.

À son arrivée, il est affecté au camp annexe de Dora, où les déportés travaillent à la construction des V2, les fusées de représailles nazies. Les conditions y sont effroyables : tunnels saturés de poussière, absence d’air, travail forcé de nuit, rationnement extrême.

Quelques jours plus tard, il est transféré à Ellrich, un autre camp satellite, encore plus meurtrier. Alors que les forces alliées approchent, il aurait été dirigé vers Nordhausen, où les archives se perdent.

Aucune trace officielle ne permet de connaître les circonstances exactes de sa mort. Le tribunal civil de la Seine finit par fixer la date de décès au 20 août 1944, à Buchenwald, une date administrative, faute de mieux.

Comme tant d’autres jeunes résistants, Ollivier Cospen disparaît dans les ténèbres de la déportation, sans sépulture, sans témoin, sans adieu.

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Sources : Service Historique de la Défense, Musée de la Résistance

 

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DESTIN DE DEPORTE
Robert Pasco, déporté au camp de Mauthausen

Comme beaucoup de jeunes de la Région Parisiennne, la guerre à bouleversé la vie de Robert Pasco, jeune ouvrier de Malakoff. Envoyé en Allemagne comme travailleur, suite à une permission il devient clandestin et se rapproche des réseaux de la Résistance. Il est arrêté à Vincennes puis déporté en mars 1944 au camp de Mauthausen. Il y meurt après six mois à 22 ans seulement.

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Comme beaucoup de jeunes de la Région Parisiennne, la guerre à bouleversé la vie de Robert Pasco, jeune ouvrier de Malakoff. Envoyé en Allemagne comme travailleur, suite à une permission il devient clandestin et se rapproche des réseaux de la Résistance. Il est arrêté à Vincennes puis déporté en mars 1944 au camp de Mauthausen. Il y meurt après six mois à 22 ans seulement.

Né le 20 février 1922 à Saint Cyr l’École, Robert Pasco grandit dans une famille modeste : son père, Jacques, et sa mère, Léontine Plédran, sont cultivateurs. Très jeune, il apprend le métier de relieur, un travail manuel exigeant, qu’il exerce d’abord chez Engel, à Malakoff, où il réside.

Comme beaucoup de jeunes ouvriers de la banlieue parisienne, il enchaîne les emplois :Renault Billancourt jusqu’en juin 1940,puis terrassier pour l’entreprise Sacer à Châtenay Malabry, et brièvement au GIBSO. La guerre bouleverse son existence. En janvier 1942, il est envoyé en Allemagne comme travailleur. Ce n’est pas encore le STO obligatoire, mais déjà une contrainte lourde. Mais en juin, lors d’une permission, il prend une décision radicale : ne pas retourner outre Rhin. Il devient alors un clandestin dans son propre pays.

De 1942 à 1943, Robert Pasco mène une vie d’errance et de prudence. Il change régulièrement de région et de métier pour ne pas attirer l’attention :blanchisseur dans un hôpital, garagiste, bûcheron dans la Nièvre, terrassier à nouveau. Cette existence précaire forge son caractère : discret, mobile, déterminé. Elle le rapproche aussi des réseaux clandestins qui recrutent des jeunes refusant le STO.

Le 20 octobre 1943, Robert Pasco rejoint les FTPF, l’un des mouvements les plus actifs de la Résistance intérieure. Il intègre le groupe Victor Hugo, connu pour ses actions de sabotage et de récupération d’armes. Son engagement est total : il transporte des armes, sert de liaison, participe à la logistique clandestine. À 21 ans, il est l’un de ces anonymes sans lesquels les réseaux n’auraient pu fonctionner.

Fin 1943, une série d’arrestations frappe les FTPF. C’est l’affaire Macé, du nom d’un résistant arrêté qui, sous la torture, livre des informations. Le 27 décembre 1943, à Vincennes, la police française arrête Robert Pasco. Il porte sur lui une fausse carte d’identité et des armes, preuves irréfutables de son activité clandestine. Il est incarcéré à Fresnes, puis transféré au camp de Compiègne, antichambre de la déportation.

Le 27 mars 1944, Robert Pasco est déporté par un convoi partant de Paris vers le camp de Mauthausen, en Autriche, l’un des plus meurtriers du système concentrationnaire nazi. Il est ensuite affecté au kommando de Gusen, réputé pour ses conditions de travail inhumaines dans les carrières et les tunnels creusés pour l’industrie d’armement . Les prisonniers y meurent d’épuisement, de faim, de coups, de maladie. Robert Pasco y succombe le 30 novembre 1944, à seulement 22 ans.

L’histoire de Robert Pasco rappelle que la Résistance n’a pas été l’œuvre de quelques figures célèbres, mais d’une multitude de jeunes gens ordinaires, dont le nom n’a survécu que grâce à la mémoire locale et aux archives.

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Sources : Maitron, Service Historique de la Défense

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DESTIN DE DEPORTE
Marcel Boulanger, déporté au camp d’Auschwitz

Il y a des noms que l’histoire a failli effacer. Celui de Marcel Vincent Boulanger, ouvrier boulanger et habitant de la rue Raspail à Malakoff, fait partie de ces destins brisés. Déporté politique à Auschwitz en juillet 1942, il n’en est jamais revenu. Il avait 50 ans. Mais pendant des décennies, son histoire est restée dans l’ombre, comme celle de tant de déportés politiques. Les archives, les recherches d’historiens et le travail des associations ont permis de reconstituer son parcours, dont la seule faute fut d’avoir milité.

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Il y a des noms que l’histoire a failli effacer. Celui de Marcel Vincent Boulanger, ouvrier boulanger et habitant de la rue Raspail à Malakoff, fait partie de ces destins brisés. Déporté politique à Auschwitz en juillet 1942, il n’en est jamais revenu. Il avait 50 ans. Mais pendant des décennies, son histoire est restée dans l’ombre, comme celle de tant de déportés politiques. Les archives, les recherches d’historiens et le travail des associations ont permis de reconstituer son parcours, dont la seule faute fut d’avoir milité.

Né le 28 mai 1892 à Nogent sur Seine, Marcel Boulanger grandit dans une famille modeste, au rythme des métiers du père, garçon de moulin, puis charretier. Très jeune, il apprend le métier de boulanger, un travail exigeant mais stable, qui le conduit à Paris au début des années 1910. Il s’y marie deux fois, fonde une famille, et devient père d’une fille, Yvette, née en 1921.

Comme tant d’hommes de sa génération, Marcel Boulanger est mobilisé en 1913. La guerre le mène loin. Marcel est envoyé en Armée d’Orient, loin des tranchées de Verdun mais au cœur d’un autre enfer. Il sert ensuite dans l’infanterie. Démobilisé en 1919, il reprend son métier de boulanger, s’installe à Malakoff et s’engage dans les milieux syndicaux et communistes.

Le 5 octobre 1940, quelques mois après l’instauration du régime de Vichy, la police française frappe à sa porte. Comme des centaines de militants communistes, Marcel Boulanger est arrêté non pour un crime, mais pour ses idées. Commence alors un long parcours d’internement administratif : Aincourt, premier camp français ouvert pour les communistes (octobre 1940), Fontevraud, prison centrale (décembre 1940), Clairvaux (janvier 1941), Rouillé, centre de séjour surveillé (septembre 1941), Compiègne, antichambre des déportations (mai 1942) À aucun moment il n’est jugé. À aucun moment il n’a la possibilité de se défendre. Il passe de lieux en lieux où l’on enferme des hommes non pour ce qu’ils ont fait, mais pour ce qu’ils pensent.

Le 6 juillet 1942, Marcel Boulanger est embarqué dans un wagon à bestiaux qui restera tristement célèbre : le convoi des «  45000  », composé pour la plupart de militants communistes livrés par Vichy aux nazis. Deux jours plus tard, il arrive à Auschwitz, où il reçoit le matricule 45285. Il ne survivra que six semaines. Les registres d’Auschwitz indiquent sa mort le 20 août 1942.

Marcel Boulanger n’était pas un héros au sens traditionnel. Il n’a pas mené d’opérations clandestines, il n’a pas écrit de manifeste, il n’a pas défié l’occupant les armes à la main. Il était un homme ordinaire. Et c’est précisément pour cela que son histoire est essentielle parce qu’elle montre comment un régime totalitaire peut décider qu’un homme n’a plus sa place dans la société.

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MAI 2026
Pose de cinq pavés Stolpersteine

Pour la seconde fois la ville de Malakoff a participé en 2026 au projet international des Stolpersteine en posant 5 nouveaux Stolpersteine, ces pavés de la mémoire créés par l’artiste allemand Gunter Demnig pour rappeler, devant leur dernier domicile libre, les noms des victimes du nazisme. Chaque pavé, incrusté dans le trottoir, porte le nom, l’année de naissance, la date d’arrestation, de déportation et, lorsque connue, la date de décès de la personne à laquelle il rend hommage

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Pour la seconde fois la ville de Malakoff a participé en 2026 au projet international des Stolpersteine en posant 5 nouveaux Stolpersteine, ces pavés de la mémoire créés par l’artiste allemand Gunter Demnig pour rappeler, devant leur dernier domicile libre, les noms des victimes du nazisme. Chaque pavé, incrusté dans le trottoir, porte le nom, l’année de naissance, la date d’arrestation, de déportation et, lorsque connue, la date de décès de la personne à laquelle il rend hommage

Au cours d’une cérémonie le jeudi 7 mai 2026 devant l’ancien domicile d’Aloyse Arblade, rue Voltaire, la Maire, Madame Sonia Figuères a rappelé l’importance de préserver la mémoire locale et de transmettre aux jeunes générations l’histoire de celles et ceux qui ont vécu à Malakoff avant d’être arrachés à leur vie quotidienne. Des élèves de CM2 de l’école Fernand Léger qui ont travaillé le sujet dans le cadre d’un parcours d’éducation artistique et culturel ont lu des textes et des témoignages, soulignant la dimension pédagogique de l’événement avec la complicité de la Compagnie Le souffle à l’oreille et accompagné musicalement par des elèves du conservatoire de Malakoff.

Ces pavés, discrets mais puissants, invitent les passants à s’arrêter, lire, se souvenir. Ils rappellent que la Shoah, la déportation de Résistants ne fut pas une abstraction lointaine, mais une tragédie.

À Malakoff, la mémoire de la déportation demeure un pilier du travail de transmission historique. Dans la ville marquée par l’engagement citoyen et la solidarité, les initiatives se multiplient régulièrement pour rappeler le destin de militants, élus, Résistants arrêtés, déportés et, pour beaucoup, assassinés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ces nouveaux pavés posés au cours du mois de mai 2026 rendent hommage à Lucien Gerber, Aloyse Arblade, Simone et Paulette Doiselet, André Leygnac. 

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NOVEMBRE 2021
Pose des premiers pavés de la mémoire

Les premiers pavés de la mémoire des déportés, les Stolpersteine » ont été posés le 12 novembre sur le trottoir devant le 14 rue Hoche à Malakoff pour honorer la mémoire de deux ouvriers de Malakoff morts en déportation : Louis Girard et Eugène Avaulée. D’autres pavés devraient être posés les années à venir lors de la Journée nationale du souvenir de la déportation le dernier dimanche d’avril.

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Les premiers pavés de la mémoire des déportés, les Stolpersteine » ont été posés le 12 novembre sur le trottoir devant le 14 rue Hoche à Malakoff pour honorer la mémoire de deux ouvriers de Malakoff morts en déportation : Louis Girard et Eugène Avaulée. D’autres pavés devraient être posés les années à venir lors de la Journée nationale du souvenir de la déportation le dernier dimanche d’avril.

Depuis plusieurs années existe un échange franco-allemand entre les jeunes du Lycée Louis Girard à Malakoff et la filière mécanique du lycée professionnel de Wuppertal ville allemande du Land de Rhénanie du Nord Westphalie.

Les lycéens avec les équipes éducatives de leurs établissement travaillent et réfléchissent autour de la mémoire, de la paix, des grands conflits qui ont marqué le 20ème siècle, de la Résistance et de la déportation. L’idée de poser des pierres commémoratives « Les Stolpersteine » sur la voie publique de Malakoff à été proposée aux lycéens et à la municipalité de Malakoff.

Les Stolpersteine, pluriel du mot allemand Stolperstein et signifiant « pierres sur lesquelles on trébuche » sont une création de l’artiste berlinois Gunter Demnig qui depuis 1992 pose à travers l’Europe des pierres commémoratives en mémoire des victimes de l’ère nazie. Aujourd’hui, plus de 85 000 « pavés de la mémoire » sont posés en Allemagne ainsi que dans 25 autres pays Européens. En France, une vingtaine de villes ont posé ces pierres.

Ce sont des pavés de béton d’une dizaine de centimètres encastrés dans le trottoir devant le dernier domicile des victimes de la déportation. La face supérieure, affleurante, est recouverte d’une plaque en laiton qui honore la mémoire d’une personne déportée dans un camp de concentration ou dans un centre d’extermination parce qu’elle était Juive, Rom, communiste, Résistante, homosexuelle, handicapée, chrétienne en opposition au régime nazi..

Ces rappels mémoriels viennent compléter pour la plupart les plaques commémoratives qui existent déjà sur les façades des maisons et immeubles où habitaient des victimes de la barbarie nazie. On en recense une cinquantaine à Malakoff qui contribuent au devoir de mémoire.

Le 12 novembre 2021 à l’occasion de la présence de cinq jeunes allemands du lycée professionnel de Wuppertal les deux premiers pavés ont été posés devant le 14 rue Hoche à Malakoff en hommage à deux victimes du nazisme qui habitaient l’immeuble : Louis Girard (dont le Lycée porte le nom) déporté et mort à Auschwitz en 1942 et Eugène Avaulée, mort en déportation à Buchenwald en 1944 (1).

Dans son allocution madame Jocelyne Boyaval, Conseillère municipale déléguée à la Mémoire et aux Anciens Combattants a manifesté sa fierté de voir les jeunes générations s’approprier cette mémoire collective de la déportation « Pour la ville de Malakoff, a-t-elle déclaré, la transmission des histoires et des mémoires est un enjeu fondamental... avec comme horizon un monde de solidarité et d’amitié entre tous les peuples. Nous dévoilons la première pierre d’un projet qui nous aménera sur plusieurs années à honorer dans toute la ville la mémoire de femmes et d’hommes de Malakoff morts en déportation.... ».

La pose des « pavés de la mémoire » devrait être organisée chaque année à l’occasion de la Journée nationale du souvenir de la Déportation le dernier dimanche d’avril.

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1)Louis Girard était jardinier municipal à Malakoff. Devenu secrétaire du Syndicat CGT des ouvriers communaux de Malakoff, il fut arrêté comme communiste en 1940, puis déporté en Allemagne dans le « convoi des 45 000 » où il mouru en 1942.

Eugène Avaulée était ouvrier ménuisier. Elu communiste au Conseil Municipal de Malakoff en 1935, il a été déchu de son mandat en 1940 par le gouvernement de Vichy, puis arrêté en 1941 et déporté. Il mourra à Buchenwald en 1944.

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CONTRE L’OUBLI
Plaque à la mémoire des familles juives déportées de Montrouge et Malakoff

Sur la façade claire de l’école Yaguel Yaacov, au 90 rue Gabriel-Péri, côté Montrouge, une plaque attire le regard des passants. Sobre, gravée de 60 noms et d’âges, elle rappelle une vérité que l’on préférerait croire lointaine : des enfants juifs et des adultes de Montrouge et de Malakoff ont été arrêtés en 1942 et 1943, déportés, et n’ont jamais revu leur école, leur rue, leur ville. Cette plaque, a été inaugurée en 2011 par le Ministre de l’Education Nationale Luc Chatel.

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Sur la façade claire de l’école Yaguel Yaacov, au 90 rue Gabriel-Péri, côté Montrouge, une plaque attire le regard des passants. Sobre, gravée de 60 noms et d’âges, elle rappelle une vérité que l’on préférerait croire lointaine : des enfants juifs et des adultes de Montrouge et de Malakoff ont été arrêtés en 1942 et 1943, déportés, et n’ont jamais revu leur école, leur rue, leur ville. Cette plaque, a été inaugurée en 2011 par le Ministre de l’Education Nationale Luc Chatel.

L’école Yaguel Yaacov n’a pas été choisie au hasard. Selon la tradition locale, elle a été construite en 1991 sur un ancien cimetière juif, un terrain que la légende dit avoir été donné par Louis XVI à un membre de la communauté qui ne pouvait s’offrir une sépulture.

Le 8 novembre 2011, le ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel qui a dévoilé la plaque a déclaré : « Contre le silence, il nous faut enseigner. Contre l’oubli, il nous faut transmettre. Contre la négation, il nous faut éduquer » ...

La plaque porte 60 noms, dont 14 de Malakoff, parfois accompagnés d’un âge, 4 ans, 7 ans, 12 ans...Ils rappellent que la Shoah n’a pas seulement frappé des adultes, mais aussi des enfants qui allaient à l’école, jouaient dans les rues, vivaient dans des quartiers de Montrouge et Malakoff arrêtés parce qu’ils étaient juifs .

Dans une époque où les derniers témoins disparaissent, ces plaques deviennent des gardiens silencieux. Elles rappellent que la Shoah n’est pas une abstraction, mais une histoire locale, intime, inscrite dans les rues que nous connaissons.

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